Il y a 15 ans, le 1er janvier 2002 : Bessaoud Mohand Arab nous a quittés

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Bessaoud Mohand Arab

KABYLIE (Tamurt) – Il y a quinze ans, le 1 er janvier 2002, Bessaoud Mohand Arab, l’un des précurseurs du combat identitaire amazigh et fondateur de l’Académie berbère, est décédé. Dans l’Algérie arabo-baathiste d’aujourd’hui, gangrenée par l’opportunisme et la corruption, aucune activité commémorative n’a été enregistrée pour marquer l’anniversaire de Bessaoud Mohand Arab qui a été également un écrivain ayant publié plusieurs livres, où il a dévoilé les faces cachées du régime algérien, comme « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu », « FFS, espoirs et trahison », « Histoire de l’académie berbère », « L’identité provisoire », « Si Mammeri s’était trompé », etc.

Bessaoud Mohand Arab a-t-il été oublié ainsi par ceux qui sont sensés s’en souvenir et défendre sa mémoire ? Tout porte à croire en cette thèse car l’amnésie en Algérie est chose courante, surtout quand on a affaire à un régime et à des médias dont la mission consiste, entre autres, à fabriquer de faux symboles et de transformer les traitres en héros. L’apport de l’académie berbère et plus particulièrement de Bessaoud Mohand Arab et de tous ses compagnons, à l’éveil et à la prise de conscience quant à la berbérité de l’Afrique du Nord, est incommensurable. On imagine mal qu’il y aurait eu un printemps berbère en 1980 sans le travail, le combat et le sacrifice des militants de l’académie berbère, aussi bien en France qu’en Kabylie.

On a rarement entendu des hommes politiques algériens rendre hommage à Bessaoud Mohand Arab. Son esprit libre, lui ayant fait écrire des vérités crues dans tous ses livres, dérange sans doute les amoureux du mensonge, très nombreux en Algérie. Mais avec ou sans commémoration, Bessaoud Mohand Arab est un nom qui restera à jamais inscrit en lettres d’or dans le long chemin du combat vers le recouvrement de l’amazighité de l’Afrique du nord et contre la dictature du FLN.  Quant aux imposteurs et aux usurpateurs, la poubelle de l’histoire de la Kabylie s’en chargera, si elle venait à retenir leurs noms.

Lyès Medrati