Il y a 16 ans, le 1 janvier  2002, Bessaoud Mohand-Arab nous a quittés

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Bessaoud Mohand Arab

KABYLIE (Tamurt) – Le 1er janvier 2002, l’un des piliers du combat identitaire amazigh, Bessaoud Mohand-Arab est décédé après avoir mené une vie infatigable et persévérante de lutte et de combat contre le régime politique dictatorial et tyrannique de Ben Bella, Boumediene et Chadli. Il restera éternellement l’un de symboles phares de l’Amazighité et du combat identitaire.

L’Histoire retiendra aussi que Bessaoud Mohand Arab est l’un des éléments clés ayant mis sur pied l’Académie berbère en compagnie, entre autres, de Taos Amrouche au domicile de laquelle a été tenue d’ailleurs la réunion qui a vu naitre l’Académie berbère en 1966. Cette Académie a joué un rôle déterminant dans la prise de conscience notamment chez les kabyles quant à la dimension amazighe de leur identité. L’Académie berbère, à travers ses responsables et ses  militants, faisait ce travail de sensibilisation au moment où le pouvoir de Boumediene, dans une suite « logique » de celui de Ben Bella, avait commencé à falsifier l’Histoire en faisant de l’Algérie un pays arabo-musulman et occultant sciemment que l’Algérie est d’abord et avant tout une terre amazighe. Pour mieux faire avaler la pilule, la dictature de Ben Bella puis Boumediene ont même osé amputer l’Histoire de l’Algérie, laquelle, d’après eux, ne commence qu’au septième siècle avec l’invasion des arabo-musulmans ayant exécuté, à coups de sabres de milliers de berbères pour les obliger à accepter de devenir musulmans. Persécuté notamment par le régime politique de Boumediene, Bessaoud Mohand Arab a mené une vie de véritable fugitif. Il  a passé toute sa vie à se battre et à changer d’endroits et de pays pour que la langue amazighe soit reconnue, et par ricochet, contre les gens qui ont spolié indépendance de l’Algérie en 1962. En 1962, nommé chef de daïra de Maghnia, Bessaoud a refusé catégoriquement de prendre possession de son poste de responsabilité car il rejetait la dictature de Ben Bella  dès son émergence. Il fait d’ailleurs partie des anciens combattants de l’ALN qui ont rejoint les maquis du FFS en 1963. Jusqu’à sa mort, il n’a pas cessé de se battre par tous les moyens notamment à travers ses livres où il dit des vérités crues qui ne plaisent souvent pas aux personnalités qui ont beaucoup de choses à se reprocher et que Bessaoud a mis à nu.

Pendant des décennies, tous les livres de Bessaoud Mohand-Arab étaient interdits en Algérie. Ce n’est qu’au début des années 2000 que quelques-uns ont été publiés dans le pays. On peut en citer « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu », « FFS, espoir et trahison », « L’Histoire de l’Académie berbère », « L’identité provisoire »… Depuis son décès, aucun travail de mémoire n’a été fait sur lui. Ses livres sont épuisés et jamais réédité hormis « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu » qui a été réédité par les courageuses  éditions Koukou, dirigées par Arezki Ait Larbi, l’un des vingt-quatre détenus du printemps berbère de 1980.

Tahar Khellaf