Il y a 29 ans, Mouloud Mammeri… nous quittait

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Mouloud Mammeri
Mouloud Mammeri

HOMMAGE (Tamurt) – Il y a des hommes qui restent éternels et irremplaçables. Le cas de Mouloud Mammeri est édifiant. Le 26 février 1989, l’information du décès de Mouloud Mammeri s’est propagée telle une trainée de poudre. Un grand « artisan » de l’amazighité venait de s’en aller. Le nom de Mouloud Mammeri est intimement lié à la promotion de la langue culture amazighes.

Son œuvre dans le domaine est colossale. Il a produit la première grammaire kabyle (Tajerrumt n tmazight-tantala Taqβaylit). Mais, Mouloud Mammeri a aussi mené un travail titanesque pour extirper de l’oubli le patrimoine de la poésie ancienne kabyle. Il est l’un des chercheurs (à côté de Boulifa, Mouloud Feraoun, Younes Adli) qui ont pris conscience de la nécessité de passer de l’oralité à l’écrit pour ne pas perdre des centaines de textes poétiques d’auteurs immenses comme Si Mohand Oumhand, Cheikh Mohand Oulhocine, Youcef Oukaci et de tant d’autres.

Il n’a pas cessé de travailler sur le patrimoine culturel amazigh en général et kabyle en particulier. A la veille de son décès, Mouloud Mammeri avait mis le point final à un ouvrage de référence dans les deux langues amazighe et française, à savoir : « Yenayas Chikh Mohand ». L’ouvrage sera édité à compte d’auteur après son décès. Mouloud Mammeri, c’est aussi le printemps berbère de 1980. C’est sa conférence sur son livre « Poèmes kabyles anciens » qui a été interdite alors qu’elle devait se tenir en mars 1980 à l’université de Tizi-Ouzou. Suite à quoi, le feu de la colère a pris en Kabylie.

Ce qui brisa l’épouvantail de la peur. C’était une étape décisive du combat pour le recouvrement de l’identité amazighe, combattue d’une main de fer par la dictature du FLN. Mouloud Mammeri reste donc une référence incontournable du combat identitaire. Il s’est battu à sa manière en mettant en place les repères nécessaires à l’enseignement et à l’écriture de la langue amazighe. Près de trente ans après la disparition de Mouloud Mammeri, il demeure un repère incontournable, un symbole de la Kabylie, un intellectuel d’une rigueur scientifique exceptionnelle.

Tahar Khellaf