Il y a 59 ans : Abane Ramdane tué par ses frères du FLN

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abane ramdane

ALGÉRIE (Tamurt) – Il y a cinquante-neuf ans, le 27 décembre 1957, Abane Ramdane a été assassiné par ses compagnons d’armes du Front de libération nationale (FLN-ALN).

Le meurtre a eu lieu, par traitrise, dans la ville marocaine Tétouan. A l’époque où ce fratricide s’est produit, l’assassinat de celui auquel on reconnait le statut d’architecte du congrès de la Soummam, avait été présenté comme étant un crime de guerre perpétré par l’armée coloniale française. Même le journal du FLN « El Moudjahid », dirigé dans le temps par l’ancien chef du gouvernement Rédha Malek, n’avait pas hésité à commettre un grand mensonge en pondant un article où on écrivit qu’Abane Ramdane venait de tomber au champ d’honneur. Même après l’indépendance, en 1962, une opacité entière a continué de planer autour de l’assassinat d’Abane Ramdane. Ce dernier était redouté par la majorité de ses pairs à cause de sa stature incontestable. Le fait qu’Abane Ramdane plaidait pour la suprématie de l’intérieur sur l’extérieur et du politique sur le militaire n’était pas du goût des chefs du FLN. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales qui aurait poussé les trois B (Boussouf, Bentobal et malheureusement Belkacem Krim) à décider et à fomenter le meurtre d’Abane Ramdane.

Abane Ramdane est né en 1920 à Iazouzen, près de Larbaa Nath Irathen. C’est lui qui a réussi, en 1956, après sa sortie de prison, à imprimer un prolongement politique concret à la Révolution algérienne, sans lequel, l’Algérie aurait eu du mal à aboutir à la conquête de sa libération. Ses capacités de réflexion et de visionnaire lui ont permis d’être surnommé, à juste titre, l’architecte de la Révolution et plus particulièrement du congrès de la Soummam. Un congrès, qui avait permis de réunir l’ensemble des tendances politiques, dont les plus incompatibles, qui se trouvaient sur la scène politique algérienne. Ce qui a donné un nouveau souffle à la guerre d’Algérie, en lui conférant une dimension politique qui lui manquait cruellement auparavant. Son assassinat serait encore dû au fait qu’il devenait de plus en plus évident que c’est Abane Ramdane qui allait devenir le chef suprême de la Révolution algérienne. Une thèse que ses rivaux ne pouvaient aucunement admettre. Sa neutralisation physique devenait la seule alternative  à ceux à qui Abane Ramdane faisait de l’ombre.

Tahar Khellaf