France: Des associations de harkis demandent à Hollande d’«aller plus loin» vers la réparation

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Des délégués d’associations de harkis réunis ce samedi à Agen, ont demandé au président François Hollande d’ «aller plus loin» dans la reconnaissance et la réparation des préjudices subis par cette communauté, via un texte de loi et un fonds de réparation.

Quelque 200 présidents et représentants d’associations de plusieurs régions, ont débattu des perspectives et d’un plan d’action pour la communauté afin que le chef de l’Etat «honore ses engagements, et reconnaisse la responsabilité de l’Etat dans le mauvais accueil dans les camps, et le massacre de plus de 100.000 harkis» abandonnés au moment du retrait français d’Algérie.

{{Un «dialogue rompu»}}

«Cela fait un an que le président de la République est au pouvoir, et aucune mesure n’a été prise pour la communauté harkie», a déclaré à l’AFP Boazza Gasmi, président du Comité national de liaison des harkis (CNLH), pour qui la communauté déplore «un dialogue rompu».

Les délégués ont réclamé une «déclaration solennelle du président de la République, accompagnée d’un décret pour l’officialiser, et d’un fonds de réparation, quelle que soit son appellation, pour réparer les préjudices que nous avons subis», a ajouté Boazza Gasmi.

Au lendemain des accords d’Evian du 18 mars 1962 consacrant le retrait français d’Algérie, 55.000 à 75.000 harkis, supplétifs de l’armée française, ont, selon les historiens, été abandonnés et victimes de sanglantes représailles. Pour le CNLH, le nombre de sacrifiés dépasse 100.000. Quelque 60.000 ont été admis en France, logés dans des camps de fortune du sud du pays.

{{«Nous avons subi des séquelles que l’on garde»
}}
Evoquant le message en septembre 2012 de François Hollande, qui lors de la Journée d’hommage consacrée aux harkis avait reconnu la «faute» de la France de les avoir «abandonnés», le président du CNLH a estimé que le chef de l’Etat « n’est pas allé assez loin».

«C’est normal qu’on demande réparation. Nous, enfants nés en Algérie, nés dans les camps, parqués dans ces camps pendant 10, 15, 20 ans, harkis, veuves de harkis, avons subi des séquelles que l’on garde, car elles nous ont handicapés pour réussir dans la vie sociale».

Le 12 mai, des cérémonies doivent se tenir dans plusieurs villes de France pour l’anniversaire que le CLNH commémore comme la «Journée de l’abandon»: un échange de télégrammes entre les ministres Pierre Messmer et Louis Joxe le 12 mai 1962, scellant selon les harkis leur «abandon».

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