Iran : un scrutin bien mis en scène

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Quelque 50,5 millions d’électeurs iraniens sont appelés à voter ce vendredi pour choisir leur président, qui succédera à Mahmoud Ahmadinedjad. Six candidats sont encore en lice. Parmi eux, le conservateur modéré Hassan Rohani est le seul à avoir, faute de mieux, les faveurs des réformateurs et des modérés. Il a obtenu le ralliement ces derniers jours de deux poids lourds politiques, les ex-présidents Rafsandjani (modéré) et Khatami (réformateur), augmentant ses chances. Effet corollaire: des réformateurs qui, désillusionnés, ne comptaient pas aller voter, pourraient finalement se remobiliser. Ils redoutent aussi que l’abstention puisse porter au pouvoir un candidat comme Saïd Jalili, soutenu par l’aile dure du régime.

L’impact de cette possible remobilisation risque toutefois d’être faible à l’échelle du pays. Comme le fait remarquer Bernard Hourcade, chercheur au CNRS, «Hassan Rohani n’a pas de parti politique, donc pas de structure de soutien, et il n’est pas une figure connue dans le pays. Le mouvement en sa faveur, visible pour l’heure uniquement auprès du «mouvement vert» (démocratique) sur internet, peut-il être suffisant pour le pays tout entier ? Ce n’est pas sûr.» D’après deux sondages, iranien et américain, que le chercheur s’est procurés, Rohani figure respectivement en deuxième et première position. Les scores laissent penser que, sauf manipulation grossière des résultats, «il y aura certainement un deuxième tour car plusieurs candidats sont dans un mouchoir de poche».

Faustine Vincent

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