Réforme de l’immigration aux Etats-Unis: La régularisation des sans-papiers bien engagée

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Barack Obama peut pousser un ouf de soulagement. Non seulement le Sénat américain a voté une réforme de l’immigration, jeudi, mais il l’a fait avec majorité nette (68 voix pour, 32 contre) grâce au soutien d’un tiers des élus républicains. Désormais, la pression est sur la Chambre des représentants, contrôlé par les conservateurs. Elle devrait bientôt se prononcer sur un texte différent, avant une longue uniformisation qui pourrait prendre jusqu’à la fin de l’année.

Après l’échec sur le contrôle des armes à feu, cette première haie franchie est une victoire pour Barack Obama. Si le processus va jusqu’au bout, il deviendra le premier président depuis Ronald Reagan, en 1986, à avoir réussi à réformer l’immigration.

Un chemin vers la régularisation et une sécurité renforcée

«La loi votée aujourd’hui est un compromis. Par définition, personne n’a obtenu tout ce qu’il voulait, ni les démocrates, ni les républicains, ni moi», a réagi Barack Obama dans un communiqué. «Mais la loi adoptée au Sénat est fidèle aux principes que j’ai souvent présentés en vue d’une réforme de bon sens».

Le texte adopté jeudi tente de satisfaire à la fois les démocrates et les républicains. En échange d’un processus de 13 ans au terme duquel les personnes en situation irrégulière pourront demander la naturalisation américaine, le plan prévoit le déploiement sans précédent de 20.000 agents supplémentaires le long des 3.200 km de frontière avec le Mexique, en plus des 18.000 déjà en place. La quasi-totalité de la frontière terrestre sera bordée de clôtures, et un arsenal paramilitaire de surveillance (caméras, détecteurs de mouvement, radars) aidera les policiers. Des drones voleront jour et nuit.

Immigration qualifiée

A l’étranger, la réforme satisfera aussi les ingénieurs et autres travailleurs hautement qualifiés confrontés depuis des années à une pénurie de visas de travail et de permis permanents, dits cartes vertes, dont le nombre serait augmenté. Un système de points, au mérite, serait créé pour attribuer plusieurs dizaines de milliers d’autres cartes vertes par an.

Tiraillé entre le désir de reconquérir l’électorat hispanique tout en restant ferme pour ne pas s’aliéner celui du Tea Party, les républicains de la Chambre vont sans doute militer pour davantage de sécurité et moins de régularisations. Mais pour le sénateur démocrate Charles Schumer, l’un des architectes de la loi, avec notamment le républicain John McCain, avec ce premier vote, «un pas de géant a été fait pour résoudre nos problèmes d’immigration».

AFP

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