Rencontre de l’Observatoire Amazigh des Droits et Libertés avec l’experte des Nations Unies

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A l’occasion de la visite au Maroc du 05 au 16 Septembre 2011, de l’experte indépendante dans le domaine des droits culturels, Madame Shaheed, nommée par le conseil des droits de l’Homme, l’Observatoire Amazigh des Droits et Libertés qui a rencontré l’experte le 07 Septembre 2011 (OADL) au siège des Nations Unies, communique ce qui suit :

Que l’obstacle majeur qui entrave actuellement la promotion et la protection des droits culturels amazighs est celui relatif au contenu de la nouvelle constitution. Bien que, la reconnaissance de la langue Amazighe comme langue officielle soit une avancée importante, il est à noter que la formulation utilisée par le texte constitutionnel en ce qui concerne le statut des deux langues officielles et l’identité marocaine prête à confusion. Celle-ci est fondée sur une hiérarchisation discriminatoire et reste inscrite dans le cadre des dogmes arabo-islamiques.

L’intégration de la langue Amazighe dans l’enseignement n’a jamais été traitée de manière sérieuse depuis 2003 malgré les différentes circulaires ministérielles, elle est actuellement en situation de blocage total. Nos inquiétudes se portent aujourd’hui sur l’élaboration d’une loi organique stipulée dans l’article 5 de la nouvelle constitution qui définira les modalités de cette intégration.

Les médias publics ne jouent aucunement le rôle de promoteur de la diversité culturelle. En effet, ces médias restent dominés par l’idéologie arabo-islamique qui ne reflètent pas la réalité de la société marocaine dans toute sa diversité, notamment la culture amazighe dans toutes ses expressions.

Vu que l’intégration de la langue Amazighe dans les espaces et les institutions publiques est aussi liée à la loi organique stipulée dans l’article 5 de la nouvelle constitution , nos craintes se portent également sur les modalités de cette intégration.

Divers domaines matériels et immatériels amazighes sont loin d’être respectés et sont souvent méprisés et en danger, tels que les sites archéologiques, les noms des villes et des lieux géographiques, les arts.

L’OADL note que l’Etat marocain n’est pas transparent en ce qui concerne la carte linguistique et culturelle du Maroc, pourtant réclamée par les Nations unies.

Malgré la circulaire du Ministre de l’intérieur, en date du 29 Avril 2010, qui stipule qu’aucune interdiction ne doit frapper les prénoms amazighs, quelques bureaux d’enregistrement nationaux ou dans les ambassades du Maroc à l’étranger, continuent de refuser certains prénoms amazighs sous prétexte qu’ils sont interdits ou qu’ils n’en connaissent pas le sens. (Lyon Juillet 2010, Missour Septembre 2010).

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