Le FFS et le RCD prêchent dans le désert

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FFS et RCD
FFS et RCD

KABYLIE (TAMURT) – À quelques mois des élections législatives et municipales en Algérie, les directions des deux principaux partis kabyles, le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), multiplient les sorties et les rencontres de terrain.

En Kabylie, les deux formations semblent déjà engagées dans une compétition électorale pour se partager quelques sièges au Parlement et certaines assemblées locales, malgré des prérogatives limitées pour les élus. Dans les faits, de nombreux observateurs estiment que le pouvoir décisionnel reste concentré entre les mains de l’administration, notamment des chefs de daïra.

Sur le terrain, la mobilisation peine à convaincre. À Michelet, un meeting organisé par le FFS, en présence de sa direction nationale, n’aurait attiré qu’un public restreint, composé essentiellement de militants, d’élus locaux et de futurs candidats.

Le constat semble similaire du côté du RCD. Son président, Atmane Mazouz, enchaîne les déplacements, mais sans parvenir à élargir significativement sa base militante, selon plusieurs observateurs.
Au-delà de la mobilisation, c’est aussi le contenu du discours politique qui interroge. Les deux partis sont accusés par leurs détracteurs d’éviter certains sujets sensibles, notamment la question des détenus d’opinion ou les problématiques de gouvernance locale.

Malgré cela, FFS et RCD continuent de promettre des améliorations du quotidien, à travers des projets d’aménagement et de développement local. Des engagements qui peinent à convaincre une partie de la population, de plus en plus sceptique quant à la capacité réelle des élus à influer sur les décisions.

Dans ce contexte, la défiance envers les formations politiques traditionnelles semble s’accentuer, posant une question de fond : quel rôle peuvent réellement jouer les élus locaux et nationaux dans le système politique actuel ?

Idir Yatafen

1 COMMENTAIRE

  1. Le grand retour du cirque électoral version locale. On ressort les banderoles, deux discours recyclés, trois promesses sans moteur… et on appelle ça une dynamique politique. Soyons sérieux deux minutes.
    Une compétition sans terrain, ça s’appelle une répétition générale. Le FFS et le RCD qui se disputent des sièges en Kabylie c’est un peu comme deux figurants qui se battent pour savoir qui sera mieux placé dans une photo déjà photoshopée par le pouvoir.
    Nous savons tous que le vrai scénario est écrit ailleurs, et certainement pas dans les meetings à moitié vides de Michelet.
    Base sociale? Quelle base sociale? Quand tes meetings ressemblent à des réunions de famille élargie (militants + cousins + candidats eux-mêmes), appeler ça une mobilisation populaire, c’est de l’optimisme… ou de l’humour involontaire.
    En Kabylie aujourd’hui, la population est éveillée, politisée, et surtout vaccinée contre ce genre de théâtre. Les gens observent, analysent, et ne confondent plus agitation politique et influence réelle.
    Le problème n’est pas ce qu’ils promettent mais à qui ils obéissent. Promettre des routes, des projets ou du développement local quand le pouvoir décisionnel est verrouillé par l’administration centrale, c’est comme vendre du Wi-Fi dans une zone sans réseau. Et éviter soigneusement les sujets qui dérangent (détenus d’opinion, gouvernance réelle), ce n’est pas de la stratégie c’est du silence bien discipliné.
    Les Kabyles ne sont plus dupes. Le temps où quelques sièges au Parlement suffisaient à donner l’illusion d’une représentation est terminé. Aujourd’hui, beaucoup ont compris une chose simple: on ne libère pas une région en embrassant la main de ceux qui la verrouillent, dans l’espoir de gratter une chaise municipale ou un badge officiel.
    Une démocratie où tout est déjà décidé. Appeler ça des élections, c’est généreux. Disons plutôt une procédure administrative avec décor démocratique. Le résultat est souvent connu avant même que l’encre des affiches ne sèche — mais bon, il faut bien occuper la galerie.
    Conclusion: La vraie question n’est même plus quel rôle pour ces partis? mais plutôt: combien de temps encore vont-ils jouer une pièce dont plus personne en Kabylie ne regarde le spectacle? Parce qu’à force de faire semblant, ils ont fini par convaincre tout le monde… sauf la population.

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