L’UNESCO fait la promotion de la langue tamazight et des caractères tifinagh

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L'INESCO fait la promotion de tamazight
L'INESCO fait la promotion de tamazight

TAMAZGHA (TAMURT) – Au moment où le parlement algérien débat de l’interdiction ou de l’autorisation de l’emblème amazigh, l’UNESCO met en valeur la langue tamazight et ses caractères tifinagh. Un ouvrage intitulé « Le Livre de la paix » vient d’être publié par cette organisation des Nations unies. Il présente vingt-deux des langues les plus anciennes de l’humanité, parmi lesquelles figure la langue défendue et étudiée par Mouloud Mammeri.

Selon le site officiel de l’UNESCO, ce livre a été conçu par des linguistes et des spécialistes des langues afin de promouvoir ces vingt-deux langues anciennes et de mettre en lumière leurs systèmes d’écriture. La langue tamazight y occupe naturellement une place importante.

L’ouvrage propose une rétrospective sur l’histoire de la langue tamazight, ses différentes variantes ainsi qu’une présentation des caractères tifinagh, utilisés depuis l’Antiquité par les Amazighs.
Toujours selon l’UNESCO, plusieurs projets destinés à promouvoir ces langues, dont certaines sont aujourd’hui menacées de disparition, seront financés dans le cadre d’un programme à long terme.

Si l’UNESCO s’intéresse aujourd’hui à la promotion du tamazight, c’est aussi grâce aux efforts et aux sacrifices de plusieurs générations de militants culturels, notamment en Kabylie, mais aussi au Maroc, en Libye et dans d’autres régions d’Afrique du Nord, qui ont œuvré pour préserver et valoriser cette langue millénaire.

Idir Yatafen

1 COMMENTAIRE

  1. Pour moi, ce qui est fascinant dans cette situation, c’est le contraste presque pédagogique entre deux réalités.

    D’un côté, des linguistes internationaux, des institutions scientifiques et une organisation comme UNESCO qui mobilisent chercheurs, programmes et financements pour préserver les langues anciennes de l’humanité. Dans ce cadre, la langue Thamazight et l’écriture Thifinagh sont étudiées, documentées et présentées comme un patrimoine culturel mondial. Autrement dit, pour les spécialistes des langues et du patrimoine, il s’agit d’une richesse millénaire digne d’être protégée.

    De l’autre côté, dans certains régimes d’Afrique du Nord, on assiste depuis des décennies à une énergie politique impressionnante… mais malheureusement consacrée à faire exactement l’inverse: marginaliser cette même langue, limiter sa visibilité, ou débattre sérieusement de l’interdiction de son emblème.

    Le contraste est presque comique si le sujet n’était pas aussi sérieux. À l’échelle internationale, des chercheurs financent des projets pour sauver des langues menacées. À l’échelle locale, certains appareils politiques semblent consacrer leurs réunions parlementaires à discuter de la meilleure manière de compliquer la vie de leurs propres langues autochtones.

    Il y a quelque chose d’assez révélateur dans le fait que des institutions internationales considèrent Thamazight comme un héritage précieux de l’humanité, tandis que certains États issus de cette même civilisation la traitent comme un problème administratif.

    Et il faut le rappeler: si aujourd’hui notre Thamazight apparaît dans des publications scientifiques et culturelles internationales, c’est largement grâce au travail de militants, d’intellectuels et de chercheurs comme Mouloud Mammeri, ainsi qu’aux générations de militants culturels en Kabylie, au Maroc, en Libye et ailleurs qui ont continué à l’enseigner, l’étudier et la défendre malgré les obstacles politiques.

    En résumé, la situation est presque une leçon de civisme linguistique: pendant que certaines bureaucraties débattent de drapeaux, le reste du monde classe Thamazight parmi les grandes langues anciennes de l’humanité et finance des projets pour la préserver. Comme quoi, parfois, il faut aller jusqu’à l’ONU pour que certains gouvernements découvrent la valeur de leur propre patrimoine.

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