Répression anti-kabyle : le militant Slimane Bouhafs interdit de voyager

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Slimane Bouhafs, chrétien kabyle
Slimane Bouhafs, chrétien kabyle

ALGER (TAMURT) – La police des frontières de l’aéroport international Houari Boumediene d’Alger a empêché, ce vendredi 06 mars, le militant kabyle de confession chrétienne Slimane Bouhafs de voyager pour la deuxième fois en une semaine, a indiqué une source proche de son entourage.

Le calvaire de l’ancien détenu d’opinion Slimane Bouhafs continue. Alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol à l’aéroport Houari Boumediene en destination d’un pays africain, ce militant politique a été informé par la PAF qu’il est frappé d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN). Le 27 février dernier, il a été empêché de voyager, mais à l’issue de son interrogatoire, il a été appelé à revenir ce vendredi pour prendre son vol.

Finalement, les autorités algériennes ont changé d’avis. Plusieurs ONG, dont Amnesty International et MENA Rights Group, ont dénoncé l’utilisation par le régime algérien de cette mesure de manière arbitraire « comme outil de répression contre les opposants, militants et journalistes ». Des dizaines de militants politiques et artistes kabyles sont victimes de cette mesure, souvent imposée sans base légale claire ni justification. Parfois, elle est renouvelée indéfiniment, même après la levée du contrôle judiciaire.

Pour rappel, Slimane Bouhafs a été victime en août 2021 d’un enlèvement par les services secrets algériens, alors qu’il était réfugié politique en Tunisie. Il a été kidnappé et conduit clandestinement en Algérie, où il a été soumis à des tortures psychologiques et physiques, selon son propre témoignage lors de son audition par un juge d’instruction. Bien sûr, ses déclarations n’ont pas été prises en considération par la justice algérienne inféodée à la junte militaire.

Soumis à une surveillance accrue, Slimane Bouhafs, selon une source au fait de sa situation, voulait voyager pour trouver, un tant soit peu, la paix et « échapper à la pression, au harcèlement quotidien et à la surveillance des forces de sécurité ». Cette mesure restrictive à l’encontre d’un citoyen de confession chrétienne intervient à quelques semaines de la visite du pape Léon XIV en Algérie.

Arezki Massi

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