Tebboune veut encore changer la Constitution pour réprimer les Kabyles

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Reforme de la constitution algérienne
Reforme de la constitution algérienne

ALGÉRIE (TAMURT) – Chaque président algérien désigné commence son mandat par une même obsession : remodeler la Constitution selon les besoins du régime. Aucun chef d’État algérien n’y a échappé. Abdelaziz Bouteflika est même allé jusqu’à modifier la Constitution en 2008 pour supprimer la limitation à deux mandats présidentiels, ouvrant la voie à une présidence à vie. Cette disposition demeure en vigueur à ce jour.

Abdelmadjid Tebboune, en six années passées au palais d’El Mouradia, a déjà fait adopter une révision constitutionnelle. Il s’apprête aujourd’hui à en engager une nouvelle, officiellement présentée comme une série de modifications « techniques » liées aux lois électorales. Mais selon plusieurs sources concordantes, cette réforme cacherait en réalité des dispositions beaucoup plus graves et liberticides.
D’après ces sources, le véritable objectif de cette révision serait de permettre à la justice algérienne de retirer la nationalité algérienne à toute personne jugée « dérangeante » pour le pouvoir, en particulier les Kabyles établis à l’étranger et les militants indépendantistes.

« Certes, Tebboune veut modifier certaines règles électorales. Il est probable que les partis n’ayant pas un certain nombre d’élus soient purement et simplement exclus, ce qui pousse notamment le RCD à participer aux prochaines élections locales et législatives. Mais l’objectif principal de cette réforme constitutionnelle est ailleurs : il s’agit de donner un cadre légal à la déchéance de nationalité visant les indépendantistes kabyles et certains Algériens en exil, y compris d’anciens ministres de l’ère Bouteflika », nous confie un député kabyle du FLN sous couvert d’anonymat.

Selon ce même parlementaire, le nombre de Kabyles concernés par ces mesures serait « impressionnant ». Les conséquences iraient bien au-delà d’un simple retrait de nationalité.
« Les personnes visées seraient interdites définitivement de retour en Algérie, même si elles disposent d’une autre nationalité. Il leur serait également interdit d’être enterrées en Kabylie après leur décès. Une loi visant aussi les enfants de harkis vivant en France, leur interdisant l’entrée en Algérie, serait également envisagée », ajoute-t-il.

Le député affirme par ailleurs que la majorité des parlementaires ne sont ni informés ni associés à l’élaboration de ces lois répressives, décidées en dehors de toute transparence.

« Concernant les harkis, je suis personnellement favorable à l’interdiction de retour de leur descendance. Mais pour les indépendantistes kabyles, la répression est une impasse. Il faut ouvrir un dialogue et rechercher des solutions politiques : libérer tous les détenus d’opinion kabyles, rendre la langue kabyle officiellement reconnue au moins en Kabylie, accorder de réelles prérogatives aux élus locaux… Les solutions existent. Je ne comprends pas pourquoi le régime choisit systématiquement la voie de la répression », conclut-il.

Une fois encore, le pouvoir algérien semble confirmer que la Constitution n’est pas un texte fondateur protégeant les citoyens, mais un simple instrument de domination politique, ajusté au gré des intérêts du régime et utilisé, une fois de plus, contre la Kabylie.

Idir Yatafen

3 Commentaires

  1. Non concerné par cette constitution qui change au gré de chaque homme à la tête d’un pays sans aucun fondement légaliste.
    Le rêve algérien post colonial ne tiens plus à cause d’un régime illégitime et autocratique.
    Il s’accroche seulement a des slogans creux, des fantasmes sans lendemain.

  2. En Algérie, la Constitution n’est visiblement pas un contrat social, mais un logiciel en version bêta, constamment mis à jour selon l’humeur du régime. Chaque président y apporte son patch personnel : Bouteflika a supprimé la limite des mandats pour s’installer confortablement, Tebboune parle aujourd’hui de retouches « techniques »… une expression qui, en Algérie, annonce rarement quelque chose d’inoffensif.

    Les faits sont têtus : depuis l’indépendance, toutes les révisions constitutionnelles ont servi le pouvoir, jamais le citoyen. Ni l’indépendance de la justice, ni les libertés fondamentales, ni l’équilibre des pouvoirs n’en sont sortis renforcés. En revanche, l’arsenal répressif, lui, gagne en précision.

    Introduire la déchéance de nationalité pour des opinions politiques, ciblant en particulier des Kabyles de l’étranger, serait une rupture grave avec les principes élémentaires du droit moderne. La nationalité n’est pas une faveur administrative qu’on retire à ceux qui dérangent : c’est un droit fondamental, reconnu par le droit international et même par la logique étatique la plus basique.

    Quant à l’idée d’interdire le retour, l’enterrement sur la terre d’origine, ou de punir des enfants pour les choix de leurs parents, on ne parle plus de droit, mais de châtiment collectif, une pratique que même les régimes autoritaires du XXᵉ siècle ont fini par assumer difficilement.

    Le plus ironique ? Ce pouvoir qui se dit obsédé par « l’unité nationale » est celui qui creuse méthodiquement les fractures, transforme les désaccords politiques en crimes identitaires et confond gouvernance avec représailles.

    En définitive, l’article a raison : tant que la Constitution restera un outil de domination ajustable et non un texte protecteur, chaque réforme annoncée comme « technique » devra être lue comme un avertissement. En Algérie, quand le régime parle de modernisation, le citoyen ferait bien de vérifier où sont cachées les menottes.

  3. Azul
    Je dirais juste cela :

    VIVE LE RFK ( LA REPUBLIQUE FEDERALE DE KABYLIE ); fini
    Les manifs fini le MAK , URK et autres slogans , à la fin reste les indépendantistes toutes tendances confondues c.a.d les KABYLES qui aiment leurs pays , territoire , identités et leurs coutumes …
    La Kabylie reste au dessus de tout et tous .

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