Kabylie : le réveillon 2026 dans l’angoisse

0
452
Le réveillon 2026 dans l’angoisse en Kabylie
Le réveillon 2026 dans l’angoisse en Kabylie

KABYLIE (TAMURT) – Le cœur n’était pas à la fête, mais le passage à la nouvelle année 2026 a néanmoins été marqué en Kabylie. Comme à chaque date symbolique, les familles des prisonniers politiques kabyles ont vécu ce réveillon dans la mélancolie, l’angoisse et l’attente. Elles sont nombreuses ces familles condamnées à vivre des années, parfois toute une vie, dans la douleur, leurs enfants ayant écopé de lourdes peines, allant jusqu’à la perpétuité, pour des délits d’opinion ou, plus simplement, pour leur identité kabyle, devenue en soi un « crime » aux yeux du régime algérien.

Malgré ce climat pesant, des fêtes et des soirées ont tout de même été organisées un peu partout en Kabylie. Dans les villages, des soirées musicales improvisées ont rassemblé des jeunes autour de musiciens amateurs, souvent accompagnées d’une forte consommation d’alcool.

« Je passe le réveillon chaque année au village avec mes amis, autour de musiciens locaux. On ne peut pas se passer d’alcool, c’est presque une tradition dans ce genre d’occasions. C’est notre manière de fêter le nouvel an », témoigne Madjid, habitant d’un village d’Ath Douala.
Du côté des familles, la majorité des Kabyles marque également cette date, y compris les musulmans pratiquants. Les réveillons familiaux se déroulent généralement autour de tables bien garnies, dans une ambiance conviviale.

« Le jour de l’an est important pour nous, même si nous ne sommes pas chrétiens. On invite souvent des proches, on partage un repas et on attend Yennayer. On achète même une bûche », confie un père de famille à Mirabeau.

Cependant, l’année 2026 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices en Kabylie. La répression féroce exercée par les services de sécurité, conjuguée à une crise économique qui s’aggrave de jour en jour, rend la vie de plus en plus difficile pour les citoyens. Dans ce contexte, quitter le pays demeure le premier vœu exprimé par une large partie de la population kabyle, tous âges confondus.

Idir Yatafen

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de confidentialité, ainsi que les Conditions de service Google s’appliquent.