Tebboune refuse la généralisation de l’enseignement de la langue tamazight

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Le président algérien Tebboune avec le chef d'état major de l'armée Chengriha
Le président algérien Tebboune avec le chef d'état major de l'armée Chengriha

ALGÉRIE (TAMURT) – Alors que le régime algérien multiplie les mises en scène officielles autour de Yennayer, la réalité institutionnelle révèle une toute autre orientation : l’effacement progressif de la langue et de la culture amazighes. Selon une source interne au ministère de l’Éducation nationale, le président Abdelmadjid Tebboune aurait refusé catégoriquement la généralisation de l’enseignement de la langue tamazight, ainsi que son caractère obligatoire.

« Tebboune ne s’est pas contenté de refuser la généralisation de tamazight, il s’est également opposé à son enseignement obligatoire », affirme notre source, fonctionnaire au ministère de l’Éducation, qui assure connaître de près les dossiers en cours. Elle rappelle qu’en 2018, une commission officielle avait été mise en place pour préparer la création d’une Académie de la langue tamazight, un projet aujourd’hui totalement gelé. « Depuis l’arrivée au pouvoir du clan Tebboune-Chengriha, cette académie a tout simplement disparu des radars », déplore-t-elle.

Cet immobilisme s’inscrit dans une politique plus large de marginalisation de tamazight. Selon plusieurs journalistes de la télévision publique, le budget de la chaîne Tamazight TV (A4) a été drastiquement réduit, divisé par près de dix. « Cette asphyxie financière n’est pas anodine, elle vise à affaiblir durablement la présence médiatique de tamazight », confie l’un d’eux.

Par ailleurs, l’introduction accélérée de la langue anglaise dans le système éducatif est perçue par plusieurs observateurs comme une manœuvre supplémentaire pour évincer tamazight des programmes scolaires. « On ne peut pas raisonnablement imposer simultanément l’arabe, le français, l’anglais et tamazight aux élèves. Cette surcharge sert objectivement à reléguer tamazight au second plan », estime notre interlocuteur.

Sur le plan culturel, la situation est tout aussi alarmante. Le Festival du film amazigh est à l’arrêt depuis 2019, tout comme le Festival national du théâtre amazigh, symboles d’un désengagement assumé de l’État vis-à-vis de la production culturelle amazighe.

« Les toutes premières décisions prises par Tebboune, quelques heures seulement après son installation à El Mouradia, ont consisté à freiner le développement et l’enseignement de tamazight. Mais il n’a jamais eu le courage politique de l’assumer publiquement », souligne notre source. À la place, le pouvoir entretient une communication qu’elle qualifie d’« hypocrite », prétendant protéger une langue amazighe pourtant vidée de toute politique sérieuse de promotion.

Derrière les discours officiels et les célébrations symboliques de Yennayer, la politique réelle du régime algérien apparaît ainsi, pour de nombreux acteurs, comme une stratégie méthodique de marginalisation de tamazight, en contradiction flagrante avec les proclamations constitutionnelles et les attentes des populations amazighes.

Idir Yatafen

3 Commentaires

  1. Les pauvres kabyles attendent la reconnaissance pleine et entière de sa langue ancestrale de la part d’un ramassis de décideurs illégitimes sans aucune origine ni lien avec cette terre millénaire ni avec son peuple meurtrie par tant d’injustice le long de son histoire.
    La reconnaissance de notre langue ne peut se faire que par nos mêmes avec notre fermeté et notre combat contre les ennemis de celle ci .
    Pour cela , il nous faut un esprit combatif et de l’ambition et cesser de quémander nos droits légitimes à ces pseudo responsables sans aucun lien avec le peuple , le peuple autochtones de cette terre nord africaine.

  2. Toujours la même politique. Rien de nouveau sous le soleil : folklorisation et répression. Tels ont toujours été les deux constantes appliquées aux Amazighs. Et Si El Hachemi Assad, le marabout de service, quel rôle joue-t-il dans tout ça ? Combien de kilos de graisses a-t-il pris, en se goinfrant, depuis qu’il est à la tête du Haut Commissariat Anti-amazigh, cette Haute Couillonnerie Algérienne ?

  3. Entre le loup indomptable et récalcitrant amazigh ayant soif de liberté et le toutou servile, uniformisé et soumis à l’araboislamisme le Tyran n’a pas l’embarras du choix.

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