« Toutes et tous derrière les détenus de Larbaa Nath Irathen »

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Djamel Bensmail
Djamel Bensmail

KABYLIE (TAMURT) – Le procès devant la Cour suprême des 92 accusés dans l’affaire de l’assassinat de Djamel Bensmail, dont 36 détenus de Larbaa Nath Irathen condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, est prévu pour le mois de mars prochain. Un procès décisif, mais qui se déroule dans un silence assourdissant. Tout le monde sait que la majorité des accusés est innocente, pourtant personne n’ose prendre leur défense publiquement.

Ni le RCD, ni le FFS, ni aucune autre personnalité politique kabyle n’a le courage de s’exprimer sur ce procès de la honte, au cours duquel près de cent Kabyles ont été condamnés injustement aux peines les plus lourdes par la justice algérienne. Il s’agit d’une injustice historique et d’une humiliation sans précédent infligée au peuple kabyle. Les familles des détenus sont abandonnées à leur sort, livrées à elles-mêmes face à une machine judiciaire implacable.

« Nous devons être toutes et tous derrière les détenus de Larbaa Nath Irathen. Ce que nos frères ont subi peut arriver à n’importe quel Kabyle », rappelle une militante de l’URK. Le pouvoir algérien a imposé un black-out total sur cette affaire. Dans les premiers temps, le RCD avait publié un ou deux communiqués évoquant le sort des détenus de Larbaa Nath Irathen, avant d’être sommé par la police politique de les retirer et contraint au silence.

Les avocats des détenus ont pourtant constitué des dossiers solides, démontrant une nouvelle fois l’innocence de leurs clients, accusés à tort d’avoir participé à l’assassinat de Djamel Bensmail en août 2021. Mais chacun le sait : les verdicts ne se décident pas dans les tribunaux, ils sont arrêtés ailleurs, en dehors de toute procédure judiciaire.

Comment expliquer autrement que des personnes aient été condamnées à la perpétuité alors que certaines n’étaient même pas présentes sur les lieux des faits ?
Pourquoi la police a-t-elle accusé Djamel Bensmail d’avoir provoqué des incendies alors que cela s’est avéré totalement faux ?
Pourquoi a-t-elle livré Djamel Bensmail à une foule en furie ?
Pourquoi aucun policier n’a dégainé son arme pour le protéger, alors qu’il a été lynché sous leurs yeux ?
La réponse, tout le monde la connaît.

Les services de sécurité ont interpellé un arabophone venu de Médéa, arrivé en Kabylie par solidarité lors des incendies criminels qui ravageaient la région. Ils l’ont accusé à tort, puis abandonné à une mort atroce, dans le but de provoquer une fracture entre Kabyles et Algériens.
Une vérité largement connue, mais que peu osent dire publiquement.

Le scénario du régime algérien ne peut durer éternellement. Tôt ou tard, la vérité éclatera sur l’exécution de Djamel Bensmail et sur la manipulation sécuritaire qui a suivi.

L’Histoire retiendra ceux qui ont soutenu les détenus innocents de Larbaa Nath Irathen, et ceux qui leur ont tourné le dos.

Idir Yatafen

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