ESPAGNE (TAMURT) – La corruption en Algérie a largement dépassé les frontières du pays. Depuis l’annonce par les autorités espagnoles d’une régularisation massive des sans-papiers, c’est la ruée vers les consulats algériens à l’étranger, notamment à Madrid et à Alicante. Des sans-papiers kabyles, arrivés en Espagne à bord de barques de fortune, affirment que l’obtention d’un passeport algérien relève d’un véritable parcours du combattant.
« Alors que les Marocains, Tunisiens, Maliens et autres ressortissants obtiennent facilement leurs passeports afin de régulariser leur situation administrative en Espagne, nous, les Kabyles et les Algériens, sommes obligés de payer, sous la table évidemment, jusqu’à 2 500 euros. Et encore, faut-il trouver un interlocuteur fiable », témoignent-ils.
Nazim, un jeune Kabyle vivant sans papiers en Espagne, raconte :
« Au début, je n’y croyais pas. Mais un cousin avec qui je suis arrivé en Espagne en 2022 à bord d’une barque a acheté son passeport. Il a effectivement payé 2 500 euros. Pour ma part, je n’ai pas cette somme, comme la majorité des sans-papiers kabyles. J’attends que mes frères m’envoient une partie de l’argent. »
Un témoignage glaçant, qui rejoint ceux de nombreux harragas algériens dénonçant le chantage exercé par certaines autorités consulaires algériennes en Espagne.
Le temps presse pour des milliers de sans-papiers kabyles et algériens, qui vivent dans l’angoisse de ne pas pouvoir obtenir ce document indispensable, alors que beaucoup attendent une carte de séjour depuis des années. Les dépôts de dossiers auprès des préfectures espagnoles doivent débuter le 15 avril prochain et prendront fin le 15 juin 2026.
Idir Yatafen


