Crise politique entre Alger et Bamako : le volte-face du colonel Goïta

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2021
Crise politique entre Alger et Bamako
Crise politique entre Alger et Bamako

ALGÉRIE (TAMURT) – Contre toute attente, la junte militaire malienne dirigée par le colonel Assimi Goïta a opéré un spectaculaire revirement dans l’affaire du drone malien abattu par l’armée algérienne en avril 2025.

Après plusieurs semaines de tensions diplomatiques, les autorités de Bamako ont finalement reconnu que le drone en question avait bel et bien pénétré l’espace aérien algérien avant d’être détruit. Des responsables militaires maliens évoquent désormais une « erreur technique » et un « dysfonctionnement des données du drone », admettant implicitement que l’intervention algérienne était conforme à la protection de son territoire.

Dans la presse malienne, certains commentateurs estiment que l’Algérie « n’a fait qu’abattre un appareil ayant franchi ses frontières », soulignant qu’Alger n’a pas cherché à exploiter l’incident pour aggraver les tensions. « L’Algérie ne veut pas de conflit avec son voisin, mais simplement le respect de sa souveraineté », confie un diplomate malien.

Ce changement de ton intervient dans un contexte régional en recomposition. La reprise des relations diplomatiques et économiques entre l’Algérie et le Niger ainsi que le Burkina Faso aurait contribué à inciter Bamako à privilégier l’apaisement et le dialogue.

Par ailleurs, le Mali traverse actuellement une grave crise de carburant depuis la dégradation de ses relations avec Alger. À cela s’ajoute une situation sécuritaire préoccupante dans le nord du pays, où des groupes islamistes armés contrôlent encore de vastes territoires.

Certains titres de la presse malienne évoquent même la possibilité d’une visite prochaine à Alger du colonel Assimi Goïta, signe potentiel d’un rapprochement diplomatique après plusieurs mois de crispations.

Idir Yatafen

3 Commentaires

  1. Contre toute attente ou plutot contre toute naïveté
    Rappel des faits
    En avril 2025, l’Algérie annonce avoir abattu un drone malien pour violation de son espace aérien.
    Bamako proteste initialement et parle d’agression. Quelques semaines plus tard, revirement: erreur technique, dysfonctionnement, violation de teritoire confirmée.
    Donc en résumé: au début c’était une agression, puis soudain c’est devenu un bug informatique. Les drones aussi ont des problèmes de GPS opportunément diplomatiques.
    Maintenant, soyons sérieux.
    Le Mali est dirigé par une junte militaire sous Assimi Goïta, arrivée au pouvoir par coups d’État (2020, 2021). Le pays traverse:
    une crise sécuritaire majeure au nord,
    une dépendance logistique importante vis-à-vis de ses voisins,
    et régulièrement des tensions énergétiques, notamment sur le carburant.
    L’Algérie, de son côté, est un acteur énergétique majeur en Afrique du Nord et au Sahel. Elle dispose de capacités d’approvisionnement en carburant, de leviers diplomatiques régionaux et d’un rôle historique dans les médiations maliennes (Accords d’Alger 2015).
    Dans ce contexte, parler de revirement inattendu est un peu naïf. En relations internationales, il n’y a pas d’amitié. Il n’y a que des intérêts.
    Est-ce qu’il est plausible qu’un apaisement diplomatique s’accompagne de recompences économiques, facilités énergétiques ou promesses d’aide? Absolument. C’est la base même de la realpolitik.
    Les États ne changent pas soudainement de version par illumination morale. Ils le font quand:
    le coût du conflit devient trop élevé,
    l’isolement régional devient risqué,
    ou quand un arrangement plus rentable est proposé.
    Et soyons cohérents:
    Si le drone avait réellement violé l’espace aérien algérien, le droit international autorise un État à défendre son espace souverain.
    Si le drone ne l’avait pas violé, Bamako n’aurait eu aucun intérêt à reconnaître une erreur technique.
    Donc soit il y a eu effectivement violation, soit il y a eu recalcul stratégique. Dans les deux cas, ce n’est pas une question de vertu, mais d’intérêt.
    Et c’est là qu’il faut garder la tête froide:
    Ne jamais faire confiance aveuglément aux réconciliations fraternelles entre régimes totalitaires. Les relations bilatérales au Sahel comme partout ailleurs sont transactionnelles.
    Aujourd’hui on parle de souveraineté et de respect mutuel. Demain on parlera d’aide énergétique, de facilités logistiques, de coopération sécuritaire.
    Ce n’est pas du romantisme diplomatique. C’est de la gestion de survie politique.
    Conclusion:
    Ce revirement n’a rien de mystérieux. Il est parfaitement cohérent avec la situation interne du Mali et les intérêts régionaux de l’Algérie. Mais croire que cela repose sur la confiance ou l’honneur, c’est confondre géopolitique et conte pour enfants.

  2. Rien de surprenant à vrai dire, les positions politiques depuis tjrs de l’Algérie c’est l’axe de la Russie, l’Iran, la Corée du nord etc…et l’AES se positionne complètement dans cet axe….Ce n’est pas un drône ou les Touaregs etc…qui peuvent poser problèmes à un alignement de ces pays sur cet axe qui est principalement alimenté par l’armement Russe d’une part et aussi d’autre part un bouclier contre l’occident, la France principalement comme ex colonisateur de ces pays, la convergence est de fait surtout qu’Alger a fait bcp pour ces pays très pauvres en matière d’aides, souvenez de la dette effacée de 14 milliards de dollars…..c’est en direct opposition avec le Maroc qui est dans l’axe Américain, Israël etc….Autrement dit l’Afrique sera tjrs un terrain de jeux des puissances mondiales et les dirigeants Africains dans des luttes de pouvoirs à vrai dire aussi ne sont que des pantins car les Africains seront éternellement des incapables à prendre leur indépendance et leur sort en main qui s’explique en partie par l’énorme retard qu’ils ont sur tous les plans.

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