Algérie : décès de l’ancien président Liamine Zeroual à 85 ans

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Liamine Zéroual
Liamine Zéroual

ALGER – L’ancien chef de l’État algérien, Liamine Zeroual, est décédé ce samedi 28 mars 2026 à l’âge de 85 ans, mettant fin à un long parcours marqué par une période particulièrement troublée de l’histoire récente de l’Algérie.

Arrivé au pouvoir le 30 janvier 1994, en pleine crise sécuritaire, il avait d’abord été désigné à la tête de l’État avant d’être élu président en 1995, lors d’un scrutin contesté par une partie de l’opposition. Son mandat s’inscrit dans le contexte de la guerre civile des années 1990, une décennie marquée par des violences massives.

Fin 1998, Liamine Zeroual annonce sa démission anticipée, officialisée en 1999. Il quitte alors le palais d’El Mouradia, ouvrant la voie à l’élection de son successeur, Abdelaziz Bouteflika.
Son passage à la tête de l’État reste sujet à des lectures contrastées. Certains observateurs estiment qu’il a tenté d’engager un processus de sortie de crise, notamment à travers des initiatives politiques visant à réduire les violences. D’autres critiques mettent en cause la gestion sécuritaire de cette période, marquée par de graves atteintes aux droits humains, incluant des massacres de civils et des disparitions forcées attribuées à différents acteurs du conflit.

Plusieurs personnalités militaires influentes, telles que Larbi Belkheir, Khaled Nezzar ou encore Mohamed Lamari, sont souvent citées par des analystes comme ayant joué un rôle déterminant dans les centres de décision durant cette période.

Par ailleurs, certaines voix critiques, notamment en Kabylie, ont exprimé au fil des années des réserves sur les politiques menées durant son mandat, en particulier en matière culturelle et linguistique.
Le décès de Liamine Zeroual suscite ainsi des réactions diverses, reflétant la complexité de son héritage politique et du contexte historique dans lequel il a exercé le pouvoir.

C’est sous son règne que Matoub Lounès a été enlevé puis assassiné et il n’avait même pas daigné prononcer un mot ni présenter ses condoléances, au moment où des chefs d’État étrangers ont réagi dès l’annonce de l’assassinat, à l’image de Jacques Chirac.

C’est aussi à l’époque de Liamine Zeroual que la loi sur la généralisation de la langue arabe a été signée. Pourtant, bien qu’il soit chaoui et maîtrise cette langue, il n’a jamais prononcé le moindre mot en tamazight en public.
Son décès est un non-événement en Kabylie.

Idir Yatafen

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