Algérie / Loi criminalisant le colonialisme : beaucoup de bruit pour rien !

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ALGER (TAMURT) – Lundi 9 mars, le Parlement de l’Algérie a adopté, après amendements, la loi criminalisant la colonisation française en Algérie (1830-1962). Cependant, plusieurs dispositions centrales du texte initial ont été retirées, notamment celles relatives aux excuses officielles et aux réparations généralisées.

Dans un contexte de tensions diplomatiques avec la France, la chambre basse du parlement algérien avait pourtant adopté, le 24 décembre dernier, une loi criminalisant la colonisation française. Le cœur du texte, qui avait suscité l’adhésion d’une partie de l’opinion publique et de la presse nationale, reposait sur l’exigence d’« excuses officielles » de la France ainsi que sur la question des réparations.

Toutefois, le 22 janvier, le Conseil de la Nation (chambre haute du parlement) a adopté le texte en émettant plusieurs réserves. Si l’article relatif aux compensations pour les victimes des essais nucléaires français en Algérie a été maintenu, celui portant sur la demande d’excuses officielles a été supprimé, vidant ainsi le texte de son principal objectif politique.

Pour rappel, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé, juste après l’adoption de la loi par l’Assemblée populaire nationale en décembre 2025, « une initiative manifestement hostile, à la fois à la volonté de reprise du dialogue franco-algérien et à un travail serein sur les enjeux mémoriels ».

Le recul du pouvoir algérien sur cette loi a été accueilli avec déception par une partie de l’opinion publique en Algérie. Pour certains observateurs, cette évolution traduirait la fragilité du régime sur la scène internationale.

Plus récemment, l’Algérie a également opéré un revirement diplomatique en prenant ses distances avec l’Iran à la suite des tensions entre Téhéran et plusieurs monarchies du Golfe. Selon certains analystes, la crainte d’éventuelles pressions de l’administration américaine, notamment sous la présidence de Donald Trump, aurait poussé Alger à adopter une position plus prudente vis-à-vis de son ancien partenaire régional.

Aksil K.

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