KABYLIE (TAMURT) – Abdellah Mohia ou Mohand Ouyahia a marqué la culture kabyle de fort belle manière et avec des lettres d’or à travers plusieurs célèbres pièces de théâtres qu’il a adaptées avec génie. Il demeure méconnu et le pouvoir algérien refuse de lui attribuer la reconnaissance qu’il mérite réellement.
Abdellah Mohia est décédé le 7 décembre 2004 à Paris après une longue maladie. Il avait encore tant de chantiers littéraires qu’il n’a pas réussi à mener à terme. Il avait pour objectif principal de hisser la langue kabyle à la littérature universelle. Le moindre des hommages qui aurait pu lui être rendu à l’occasion de l’anniversaire de son décès aurait été l’édition de son œuvre sous forme de livres pour la faire partager à un maximum de lecteurs mais aussi afin de lui conférer un caractère écrit dont cette œuvre a tant besoin. Mais rien n’y fit. On continue à commémorer la mort de Mohia de manière folklorique. Aucune pièce de théâtre adaptée par Mohia en Kabyle n’est aujourd’hui disponible en librairie en Kabylie.
Un constat amer qui démontre à quel point le chemin reste à parcourir dans ce domaine. La responsabilité de cette défaillance incombe à plusieurs parties. En outre, il faut rappeler que le pouvoir algérien et ses relais locaux ne veulent pas qu’un édifice d’envergure porte le nom de Mohia. Avant l’achèvement des travaux de la nouvelle maison de la culture d’Azazga, une pétition avait été lancée par des hommes de culture pour que cette infrastructure porte le nom de Mohia. Ladite maison de la culture a ouvert ses portes depuis des années et à ce jour, le nom de Mohia ne figure pas sur son fronton. C’est dire que même 16 ans après sa mort, Mohia dérange toujours.
Idir Tirourda



ABDALLAH MOHYA*
Muḥend u Yeḥya
C’est dans la langue kabyle
Que le poète habile
A cherché la vérité
Dont il a bien hérité
Pouvant méditer
Conte, Proverbes sublimes
Pour pouvoir appréhender
Neuves réalités
Comme au divin théâtre en prime***
* Mohya est né à Azazga ,1er novembre 1950, tribu des Ath Ouassifen /7 décembre 2004, Paris 75015
**Cf. poème intitulé : Ayen bγiγ, « ce que je désire ». Ayen bγiγ mačči d awal/ mi t tenniḍ yeddem it waḍu/ […] Maana tideţ yeγba yisem is/ ţţagwaden ţ yemdanen .« Ce que désire n’est pas parole/ Aussitôt dite emportée par le vent / […] Mais de la vérité le nom est banni/ Elle est redoutée des hommes »,
Cité par Hocine Sadi, Muḥend U Yeḥya dramaturge de langue kabyle.Itinéraire d’un créateur en milieu militant, Etudes et Documents Berbères, 2006/1 N°24,pp.43-62
*** Il a été grand traducteur et dramaturge
Vous vous cachez toujours derrière le pouvoir et nous qu’avons fait pour mohia et tous nos personnalités à part les dénigrer lorsqu’ils sont en vie et le mieux qu’on fait c’est organiser des galas et exceller dans ahuzu nwamass. On rejette toujours la faute sur les autres et ne fait jamais une auto-critique constructive.