Législatives algériennes : le RCD présent dans 8 wilayas sur 69

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Affichage électoral à Vgayet
Affichage électoral à Vgayet

KABYLIE (TAMURT) – Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), parti d’origine kabyle qui se présente comme une formation politique nationale, peine toujours à s’implanter durablement en dehors de la Kabylie et rencontre même des difficultés croissantes dans sa propre région.

À l’occasion des prochaines élections législatives algériennes prévues le 2 juillet 2026, le RCD n’a réussi à déposer que huit listes électorales, soit une présence limitée à seulement huit wilayas sur les 69 que compte le pays. Même en Kabylie, le parti éprouve des difficultés à maintenir son influence. À Boumerdès, par exemple, le RCD n’a présenté aucune liste. Dans les Aurès également, région où le parti avait réussi il y a quelques années à gagner une certaine visibilité, aucune présence notable n’est signalée, y compris à Batna.

Par ailleurs, plusieurs listes déposées par le RCD restent encore en attente de validation par l’administration algérienne. Le parti, dirigé par Atmane Mazouz, semble traverser une période de fragilité politique et organisationnelle. La création par Saïd Sadi d’un mouvement parallèle baptisé « Assirem », qui a lui aussi présenté quelques listes essentiellement en Kabylie, accentue selon certains militants les divisions internes et affaiblit davantage le RCD.

À l’étranger, sur les douze listes possibles pour la diaspora, le RCD n’a officiellement confirmé que le dépôt d’une liste à Paris, en attente elle aussi de validation par le consulat algérien. Concernant le Canada, le parti n’a communiqué aucune information pour le moment.

Le Front des Forces Socialistes (FFS), autre grand parti kabyle historique, ne semble pas non plus en mesure de réaliser une percée nationale significative. Il n’a présenté que 23 listes sur les 69 wilayas du pays.
Depuis la création du FFS en 1963 puis du RCD en 1989, les partis kabyles n’ont jamais réellement réussi à s’imposer durablement en dehors de la Kabylie.

Idir Yatafen

1 COMMENTAIRE

  1. Faisons un peu de mathématiques politiques, puisque certains aiment encore vendre l’illusion de partis nationaux.
    L’Algérie compte 69 wilayas.
    Le RCD a réussi à déposer… 8 listes. 8 sur 69.
    Cela représente environ 11,6 % du territoire administratif du pays. Même une chaîne de restauration rapide aurait honte d’appeler ça une présence nationale. À ce niveau-là, on ne parle plus d’implantation nationale, mais d’apparitions invitées.
    Et le plus ironique, c’est que même en Kabylie, son propre bastion historique, le parti peine désormais à exister sérieusement. À Boumerdès, wilaya pourtant kabyle, aucune liste. Dans les Aurès, disparition quasi totale. À l’étranger, sur 12 listes possibles pour la diaspora, une seule liste annoncée à Paris, encore en attente de validation. Même l’expansion internationale ressemble à une connexion Wi-Fi instable.
    Soyons logiques: même dans l’hypothèse totalement irréaliste où 100 % de la Kabylie voterait pour le RCD, ce parti resterait mathématiquement marginal à l’échelle nationale. Pourquoi? Parce qu’un parti absent de près de 90 % des wilayas ne peut pas prétendre peser politiquement dans un système national. C’est simplement de l’arithmétique, pas de l’idéologie.
    Et là arrive le sommet de l’ironie politique: même son fondateur, Saïd Sadi, semble ne plus croire au RCD au point de lancer un autre mouvement, Assirem, qui vient concurrencer son propre parti. Créer un mouvement pour faire barrage à sa propre création politique, c’est un niveau de schizophrénie stratégique rarement observé en politique. Imaginez le créateur de Coca-Cola lançant Pepsi pour affaiblir Coca-Cola.
    Le FFS n’est pas dans une situation beaucoup plus glorieuse. Avec 23 listes sur 69 wilayas, cela représente environ 33 % de présence territoriale. C’est mieux que le RCD, certes, mais très loin d’une véritable implantation nationale capable de transformer le rapport de force politique du pays.
    Pendant ce temps, le régime joue avec la Kabylie comme avec un laboratoire politique: fragmentation, multiplication des micro-structures, divisions internes, rivalités personnelles, faux espoirs électoraux et le plus triste dans tout cela, c’est qu’il trouve toujours des Kabyles de service prêts à participer au spectacle et à rejouer éternellement le même scénario.
    Depuis 1963 pour le FFS et 1989 pour le RCD, des décennies ont passé. Et malgré toute la rhétorique sur la démocratie, la modernité et la représentation nationale, le résultat concret reste le même: aucune implantation durable hors de Kabylie, aucune capacité réelle de transformation nationale, et une influence politique qui rétrécit même dans leur propre maison.
    À un moment donné, il faut arrêter le marketing politique et regarder les chiffres. Les mathématiques sont souvent plus honnêtes que les discours.

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