Algérie : Zidane pris pour cible par la presse algérienne à cause de son soutien à Christophe Gleizes

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Zinédine Zidane nouveau sélectionneur de l'équipe de France, après la mémorable conférence de presse le mardi 28 juillet 2026
Zinédine Zidane nouveau sélectionneur de l'équipe de France, après la mémorable conférence de presse le mardi 28 juillet 2026

ALGER (TAMURT) – Lors de sa première conférence de presse, en tant que nouveau sélectionneur de l’équipe de France, Zinedine Zidane, d’origine kabyle, s’est exprimé à titre humain sur le cas du journaliste sportif Christophe Gleizes, en déclarant le soutenir ainsi que sa famille « comme un parent », tout en souhaitant simplement qu’il « puisse rentrer à la maison avec ses parents ».

Cette déclaration s’inscrivant pourtant dans un registre strictement compassionnel et confraternel a suffi pour provoquer l’embrasement médiatique et numérique en Algérie. La presse algérienne alignée sur le discours officiel du régime en place a rapidement interprété ces propos, non pas comme un vœu humanitaire, mais comme un parti pris politique ou une ingérence.

Si pour de nombreux observateurs étrangers et défenseurs de la liberté de la presse, cette prise de parole de Zidane au nom de l’empathie constitue une simple marque de solidarité élémentaire envers un professionnel de l’information privé de liberté, pour la presse algérienne c’est « une attaque orchestrée contre la souveraineté nationale ». Sur les réseaux sociaux, le débat a rapidement dérapé vers des attaques personnelles. Certains internautes algériens sont allés jusqu’à remettre en question l’attachement de la famille Zidane à ses origines, allant même jusqu’à réclamer la mise à l’écart de son fils, le gardien Luca Zidane, de la sélection nationale algérienne.

La presse algérienne inféodée au régime militaire d’Alger et privée de toute liberté a vite transformé un souhait d’apaisement et de justice en une affaire d’État sportive. Ainsi, au lieu d’aborder les questions centrales soulevées par les ONG et la défense de Christophe Gleizes, le traitement de l’affaire par la presse algérienne s’articule autour de la diversion. En effet, en déplaçant le projecteur sur Zidane, cette réaction scandaleuse des médias et internautes algériens vise à éclipser des éléments clés documentés par les observateurs indépendants, à savoir l’enquête menée par le journaliste sur le football local, notamment la JS Kabylie et la mort mystérieuse de son ancien attaquant Ebossé, la sévérité de la peine (sept ans de prison) infligée à Ch. Gleizes et le motif fallacieux retenu contre lui, en l’occurrence « apologie du terrorisme », vivement contesté par Reporters Sans Frontières (RSF) et des ONG de défense des droits de l’homme. Cette attitude des médias algériens n’est pas nouvelle.

Concernant la Kabylie, au lieu d’analyser les revendications politiques et identitaires des militants kabyles sous l’angle des droits humains, la couverture médiatique de la presse algérienne tend à qualifier le militantisme pacifique des kabyles comme une « atteinte à la sécurité nationale » ou à l’« unité du pays » pour justifier la rigueur des condamnations injustes prononcées contre eux.

Arezki Massi

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