KABYLIE (TAMURT) — Quelques mois après les importantes chutes de neige de 2011, le phénomène de l’exode rural avait pris une ampleur inédite en Kabylie. Des milliers de villageois avaient alors quitté leurs maisons situées dans les zones montagneuses pour s’installer dans les villes.
À Tizi Ouzou, Azazga, Ferha, Mirabeau, Tigzirt, Béjaïa, Tichy, Bouira et dans plusieurs autres agglomérations de Kabylie, les villes avaient été prises d’assaut. Les habitants, qui étaient restés parfois plus d’un mois isolés par la neige, ne voulaient plus revivre ce cauchemar.
Cette année encore, une nouvelle vague d’exode des villages vers les grandes villes est attendue. Selon plusieurs observateurs, notamment des agents immobiliers et des promoteurs, le phénomène aurait déjà commencé.
« Je reçois déjà des demandes de location d’appartements. On m’appelle de partout : Michelet, Bouzeguène, Ath Douala, Boghni… La vente d’appartements pourrait également exploser à cause des incendies. Les conditions de vie deviennent intenables dans les montagnes. Les habitants redoutent les tempêtes de neige, comme celle de 2011, mais aussi les incendies ravageurs de cette année et ceux de 2021 », témoigne Madjid, qui gère deux agences immobilières à Tizi Ouzou depuis vingt-cinq ans.
Selon lui, de nombreuses familles ne souhaitent plus rester dans les zones montagneuses. « Il faut s’attendre à un exode massif. Celui-ci a déjà commencé », affirme-t-il.
Même constat chez les promoteurs immobiliers. « Ces dernières années, j’avais du mal à vendre mes appartements et j’avais même dû revoir mes prix à la baisse. Mais depuis les incendies, je commence à recevoir des commandes. En deux jours, j’ai officiellement vendu trois appartements à Tizi Ouzou. Mes clients viennent d’Ath Ouacifs, d’Amchras et de Ouaguenoun », explique Kamel, un promoteur immobilier.
Ce dernier estime que les ventes pourraient fortement augmenter dans les prochains mois, entraînant probablement une hausse des prix. « Les gens ne veulent plus rester dans les montagnes. Certains villageois partent vers Alger, voire à l’étranger, lorsqu’ils en ont les moyens. Je suis évidemment satisfait de vendre mes biens et de faire fonctionner mon entreprise, mais il est malheureux de voir nos villages se vider. À ce rythme, dans vingt ans, la moitié de la population villageoise pourrait vivre en ville à cause des catastrophes naturelles », déplore-t-il.
Des villes déjà sous pression
Les autorités et les élus locaux de Kabylie semblent, pour l’heure, peu préoccupés par l’ampleur de ce phénomène. Pourtant, une question se pose : les villes sont-elles réellement en mesure d’accueillir des milliers de nouveaux habitants ?
Un exode massif ne serait pas sans conséquences. L’extension anarchique du tissu urbain pourrait s’accélérer, tandis que le béton continuerait de gagner les terres agricoles et les espaces naturels. Les constructions illicites et les bidonvilles risqueraient également de se multiplier.
Par ailleurs, cet exode menacerait directement l’activité agricole et pastorale dans les villages. À terme, c’est tout un mode de vie qui pourrait disparaître. Les villes risquent aussi d’éroder progressivement les traditions locales ainsi que la langue kabyle.
Idir Yatafen



Derrière tous ces incendies, c’est le but recherché : que tous les villageois kabyles aillent vivre en ville pour se mélanger à des populations arabophones et s’arabiser.
Ils savent quand dans les villages, ces citadelles identitaires, il n’y aura pas de place aux étrangers, car notre orhanisation sociale ne le permet pas. Alors, la junte construit des logements à tour de bras, et ramène des mélanges de populations, pour les y mélagner. Et les naïfs (ou idiots) montagnards sont heureux d’obtenir un logement, sans soupçonner qu’ils venaient d’amorcer le processus menant à l’effacement de leur culture, leur histoire et surtout leur langue….
Amsedrar meskin…
. Zero kabyle