KABYLIE (TAMURT) — L’écologie est en péril en Kabylie. La faune et la flore ont subi un sacré coup, rien que cet été, avec les incendies qui ont ravagé une partie de la région. Des espèces d’animaux sauvages sont menacées d’extinction. De nombreuses voix s’élèvent pour appeler à suspendre la chasse, au moins pour une décennie, afin de préserver la faune dans nos forêts, comme les perdrix, les sangliers, les porcs-épics, les bécasses ou les lièvres…
La sécheresse et les feux de forêt sont en train de détruire et d’anéantir toute vie animale dans les massifs kabyles. « C’est à nous de préserver nos forêts et notre nature. Il est temps de mettre fin à la chasse, comme premier pas pour préserver nos animaux sauvages qui, naguère, peuplaient nos forêts », nous a déclaré un berger croisé dans la forêt d’Akfadou, l’un des massifs forestiers les plus denses de toute l’Afrique.
L’inquiétude des amoureux de la nature en Kabylie est sérieuse. Certains écologistes prennent même l’initiative de nourrir les animaux sauvages en laissant des grains pour les oiseaux dans la nature, ainsi que des points d’eau. Dans la région de Bgayet, deux amoureux de la nature ont lâché récemment une centaine de jeunes perdrix… Mais, malheureusement, d’autres n’ont aucune conscience écologique. Ils s’organisent en associations de « chasseurs » et, chaque saison, ils déploient leurs fusils et enfoncent le clou auprès de dame nature, en chassant des milliers de perdrix et de sangliers.
Pratiquement, on trouve une association de chasseurs dans chaque daïra en Kabylie. Les adhérents de ces associations sont, en majorité, des indicateurs de la gendarmerie. D’ailleurs, c’est sous la bénédiction de la gendarmerie que ces associations agissent. Leurs membres obtiennent des cartouches facilement de la part des gendarmes, et parfois même des armes. Il est clair que les services de la gendarmerie encadrent et encouragent la chasse en Kabylie, alors même que les incendies ont ravagé une grande partie des forêts, au lieu d’interdire cette pratique pour préserver la faune et la flore.
Dans les autres régions de l’Algérie, les services de sécurité encouragent les campagnes de reboisement, ce qui est une bonne chose pour la nature. En Kabylie, ils font exactement le contraire : les services de sécurité y encouragent la chasse.
Idir Yatafen


