KABYLIE (TAMURT) – Après avoir tenté de contrôler la société kabyle à travers la multiplication des mosquées, des associations salafistes puis par la répression des voix dissidentes, le pouvoir algérien adopte désormais une autre stratégie : l’affaiblissement progressif des structures traditionnelles de la société kabyle.
Ces dernières années, plusieurs habitants de Kabylie affirment que les services de sécurité algériens, notamment la gendarmerie, ont infiltré de nombreux comités de village à travers des agents ou des personnes proches du pouvoir. Les comités de village constituent depuis des siècles un système d’organisation et de gestion communautaire profondément enraciné dans la société kabyle. Ils jouent encore aujourd’hui un rôle central dans la gestion des affaires locales, la médiation des conflits et l’organisation de la vie collective.
Dans plusieurs villages, l’autorité morale de ces comités reste parfois plus respectée que celle des institutions administratives officielles. Selon certains témoignages, les autorités cherchent ainsi à affaiblir ce modèle d’organisation considéré comme spécifique à la Kabylie. « Avant, notre comité de village était neutre et apolitique. Mais depuis 2019, ses membres ont été progressivement remplacés par des personnes proches des services de sécurité. Aujourd’hui, notre comité a perdu une grande partie de sa crédibilité et de sa dynamique. C’est regrettable de voir cette organisation ancestrale tomber sous l’influence du pouvoir », témoigne un habitant d’Aït Arjaouen, près de Tizi Ouzou.
Certains observateurs établissent également un parallèle avec la situation vécue par la communauté mozabite dans les années 1980. Au Mzab, plusieurs habitants estiment que les conseils traditionnels des sages auraient progressivement perdu leur autonomie après l’intégration de membres proches du pouvoir et du Front de Libération Nationale (FLN). « Notre conseil des sages est devenu une simple extension du FLN. Les Kabyles avaient réussi à préserver leurs comités de village plus longtemps, mais ces dernières années, le pouvoir a commencé à les infiltrer lui aussi », affirme un étudiant mozabite rencontré à Tizi Ouzou.
Ce constat est partagé par plusieurs observateurs locaux, qui craignent une fragilisation progressive des structures communautaires traditionnelles en Kabylie.
Idir Yatafen



« le pouvoir s’emparerait des comités de village » : vous avez un doute ? Pourquoi le conditionnel, alors que tout le monde sait que la quasi-totalité des « comités de villages » de Kabylie sont sous la coupe des Services algériens. Dans chaque comité de village, il y a au moins un traître, un indic, comme on dit, placé là pour tout rapporter, en plus d’orienter les débats et les décisions. Souvent, en fonction de l’importance du comité de village, il y a même plusieurs indics, là où un seul ne suffit pas. Et évidemment, les indics se surveillent entre-eux, comme de bonne guerre, car il peut toujours y avoir des agnts doubles, parmi eux.
C’est pourri jusqu’à l’os…. Mais le génie kabyle sait toujours déjouer ces pièges et toutes sortes de complots.