ALGER (TAMURT) – A un mois de la rentrée scolaire, l’école algérienne est à nouveau secouée par des débats passionnés. En effet, l’enseignement des langues étrangères et la philosophie rallument les tensions idéologiques en Algérie. En annonçant que dès la rentrée scolaire 2026-2027, l’anglais devient la première langue étrangère enseignée dès la 3ᵉ année du primaire, alors que le français voit son introduction retardée à la 4ᵉ année, le ministre algérien de l’Éducation a ravivé les fractures idéologiques au sein de la société. Des inquiétudes autour du statut de la philosophie dans l’enseignement secondaire ont été également exprimées par certains intellectuels suite à la réoganisation des coefficients et des volumes horaires de cette matière.
C’est désormais officiel. L’anglais est propulsé au détriment du français dans l’école algérienne. Cette décision s’inscrit dans la continuité de la politique engagée depuis 2022 visant à réduire progressivement « l’hégémonie » de la langue française dans l’espace public et éducatif au profit de l’anglais, perçu comme « le vecteur universel de la science et du commerce mondial. » Alors que les islamistes algériens ont accueilli favorablement cette « réforme » en y voyant « une rupture nécessaire avec le passé colonial », des spécialistes de la pédagogie, à l’image d’Ahmed Tessa, alertent sur le risque d’une démarche « idéologique » conduite dans la précipitation. Ils soulignent les contraintes logistiques, la formation insuffisante des corps enseignants et la surcharge cognitive potentielle pour les jeunes élèves. Natif d’Azzefoune, en Kabylie, le pédagogue Ahmed Tessa a expliqué que l’école algérienne risque de reproduire ce qui s’est passé dans les années 1970 avec la politique de l’arabisation massive qui s’était heurtée à un manque criant d’enseignants qualifiés, ce qui avait nécessité le recrutement en urgence de coopérants du Moyen-Orient (Egypte, Syrie, Irak) employant des méthodes pédagogiques parfois « très conservatrices et éloignées des réalités socioculturelles algériennes ».
En effet, la généralisation rapide de l’anglais au primaire pose le défi de la formation expresse de milliers d’enseignants, créant un risque d’apprentissage superficiel. La prise de position de ce pédagogue, de surcroît d’origine kabyle, lui a valu d’être pris pour cible par les islamistes algériens. Pourtant, le constat est connu de tous. Pour cause, l’un des échecs attribués à l’arabisation hâtive était les obstacles rencontrés par les étudiants arrivant à l’université : formés en arabe dans le secondaire, ils retrouvaient un enseignement supérieur (médecine, pharmacie, sciences, ingénierie, sciences exactes) dispensé en français. Le passage à l’anglais au primaire risque de créer une fracture similaire si l’ensemble de la chaîne éducative et le marché de l’emploi ne basculent pas simultanément.
Par ailleurs, l’enseignement de la philosophie au secondaire s’est aussi retrouvé au centre d’une tempête médiatique et universitaire. Les ajustements opérés par le ministère de l’Education et qui visent, selon lui, à rééquilibrer les parcours selon les spécificités des filières à susciter de vives réactions notamment de la part des membres de l’Association algérienne des études philosophiques. Ces derniers ont dénoncé « la dégradation d’une matière jugée vitale pour le développement de la pensée critique, de la rationalité et du libre arbitre chez les lycéens ».
La Kabylie otage d’un système éducatif idéologique
La politique d’arabisation et la centralisation des programmes scolaires ont tout le temps été perçues par les kabyles comme une tentative d’effacement de leur identité et culture spécifiques. Le contenu de certaines matières, notamment l’éducation religieuse et l’histoire officielle, est régulièrement critiqué pour son orientation visant à falsifier les faits et à produire un récit national mensonger au détriment de la Kabylie. Malgré l’officialisation de Tamazight en 2016, les kabyles dénoncent souvent un enseignement optionnel et sous-doté en moyens. Le salut pour la Kabylie est une école, qui privilégie la rationalité scientifique, la pensée critique et la modernité, loin de toute orientation idéologique. C’est la vision que prônent les mouvements politiques qui réclament l’indépendance de la Kabylie, le MAK et l’URK. Concernant les langues, après l’enseignement de la langue kabyle (Taqbaylit), qui doit être enseignée comme langue maternelle et vecteur d’instruction principal, les langues étrangères, notamment l’anglais et le français, sont considérées comme des outils d’ouverture internationale, de recherche scientifique et de développement économique, loin de toute considération idéologique.
La rupture avec le modèle « arabo-musulman » et les orientations idéologiques imposés par l’Etat algérien à la Kabylie depuis l’indépendance de 1962, qui a transformé l’école en un outil d’assimilation culturelle arabo-musulmane et d’encadrement idéologique, ne peut être concrétisée que dans le cadre de l’avènement d’un Etat kabyle indépendant et souverain.
Arezki Massi



Une langue ça s’apprend à tout les âges sans même aller à l’école il suffit juste être alphabétiser, le régime mégalomane jou avec les langues étrangères l’une contre l’autre c’est comme un objet qui lui appartient !
Vivement l’indépendance de la Kabylie, pour nous débarrasser de tous ces faux problèmes et nous concentrer sur l’essentiel : l’avenir, le progrès, la liberté, le développement, la puissance et la grandeur. Laissons les islamistes engloutir ce qui reste de pays des merveilles de Âammou Tebboune et le Drooppy Chennegriha.
Laissons à ces voleurs, ces maffieux, ces islamistes, à ces petits dictateurs sans envergure en héritage leur Algérie arabo-islamique, rétrograde, obscurantiste, archaïque, sans autre avenir que celui de voir des milliers d’Algériens fuir, dans des barques de fortune, vers des cieux plus cléments.
Ce pays est condamné. Il est maudit. Débarrassons-nous de ce joug colonial et vive la RFK!
Azul . La mise en oeuvre de la ratatouille linguistique et culturelle continue à être un discours populiste et démagogique , servi aux citoyens ignorants de la réalit6 politique sournoise qui se cache derrière ces options absurdes ,. Bien sûre les enfants de la nomenclature seront formés dans les meilleurs universités anglophones afin de faire perpétuer le népotisme clanique qui sévit au pays depuis que tu les supposés ûlamas – de quoi – ont pris le pouvoir de décision sur la politique de l’éducation nationale.