KABYLIE (TAMURT) – La récente visite du ministre algérien du Commerce, M. Rezig, en Kabylie, et plus précisément à Tizi Ouzou, peut sembler anodine à première vue. Elle met pourtant en lumière une contradiction dans le discours officiel sur le potentiel économique de la Kabylie.
En effet, les autorités algériennes présentent souvent la Kabylie comme une région pauvre en ressources naturelles et peu productive sur le plan industriel. Or, la réalité semble différente. Selon les déclarations du ministre lui-même, la seule wilaya de Tizi Ouzou contribue à la production de plusieurs produits industriels exportés par l’Algérie vers des pays africains, européens et asiatiques.
À cela s’ajoute une production importante destinée au marché local et algérien, qu’il s’agisse de produits industriels ou artisanaux. Parmi eux figurent notamment le lait et les produits laitiers, largement consommés en Kabylie et en Algérie.
La Kabylie se distingue également par la diversité de son tissu économique, avec des entreprises privées actives dans différents secteurs, notamment la fabrication de pièces industrielles, telles que les plaquettes de frein, ainsi que dans l’agroalimentaire. Sur le plan des ressources naturelles, la Kabylie dispose aussi d’atouts importants. Le massif du Djurdjura renferme d’importantes réserves en eau, souvent qualifiées « d’or bleu » par les spécialistes.
Par ailleurs, le gisement de zinc de Thala Hamza, situé à Bgayet (Béjaïa), représente un potentiel économique significatif, dont l’exploitation est envisagée. Ainsi, contrairement à certaines idées reçues, l’économie kabyle repose sur une production diversifiée et dynamique. Certains observateurs estiment toutefois que ce potentiel pourrait être davantage valorisé, dans un contexte marqué par des contraintes structurelles et administratives. C’est la preuve, s’il en faut, que la Kabylie n’a pas besoin du Petrol algérien pour s’épanouir sur le plan économique.
Idir Yatafen


