Kabylie : c’est l’Aïd malgré tout !

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La fête de l'Aid en Kabylie
La fête de l'Aid en Kabylie

KABYLIE (TAMURT) – Les fêtes religieuses se suivent et se ressemblent en Kabylie. Elles deviennent, au fil des années, de plus en plus moroses. En ce mercredi 28 mai, jour de l’Aïd el-Kebir, la fête la plus importante pour les musulmans, les cœurs ne semblent plus vraiment à la célébration. Même à Draâ Ben Khedda, non loin de Tizi Ouzou, ville réputée pour la forte présence de courants islamistes, l’ambiance matinale de l’Aïd n’est plus celle d’autrefois.

La hausse du coût de la vie et la baisse du pouvoir d’achat frappent durement une grande partie de la population. Acheter un mouton pour l’Aïd est devenu un luxe inaccessible pour de nombreuses familles kabyles. « Il ne nous reste qu’à faire la prière de l’Aïd, puisque c’est gratuit. Pour le reste, nous ne sommes plus concernés. C’est la troisième année que je ne peux pas sacrifier de mouton, faute de moyens financiers », confie un père de famille rencontré au centre-ville de Draâ Ben Khedda.

Elles sont désormais nombreuses, les familles kabyles contraintes de renoncer au sacrifice rituel.

Malgré tout, les musulmans pratiquants de Kabylie continuent de marquer l’Aïd el-Kebir à leur manière : prières matinales, recueillement sur les tombes des proches, visites aux malades et aux personnes âgées.
Comme chaque année, certains émigrés kabyles sont également revenus au pays pour passer la fête auprès de leurs familles. « Je vis à Paris et je n’avais pas passé l’Aïd en Kabylie depuis vingt ans. Je ne suis pas particulièrement pratiquant, mais je voulais revivre les souvenirs de mon enfance et profiter un peu de mes parents. Malheureusement, ce n’est plus comme avant. La vie est devenue très chère et beaucoup de familles ont dû faire l’impasse sur le mouton », constate avec amertume Djamel, un jeune émigré installé en France.

Malgré les difficultés économiques et l’ambiance morose, l’Aïd reste encore, pour beaucoup de familles kabyles, un moment de retrouvailles et de solidarité.

Idir Yatafen

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