L’Algérie cache le nombre de victimes des incendies à Jijel

0
265
Dégâts humains causés par les feux de forêt et les incendies à Jijel
Dégâts humains causés par les feux de forêt et les incendies à Jijel

ALGÉRIE (TAMURT) — C’est sur les réseaux sociaux que les Algériens découvrent l’ampleur des dégâts humains causés par les feux de forêt et les incendies à Jijel. Les citoyens sont effondrés en voyant les images d’inhumations dans des tombes collectives.

Pas un mot, ou presque, de la part de la presse algérienne ni des ministres du Gouvernement.
« On nous a parlé de douze victimes en Kabylie et nous avons cru à ce chiffre. Mais quelle ne fut pas ma surprise en voyant les images des obsèques des victimes à Jijel. Un ami journaliste de la région m’a avancé le chiffre de 643 morts. Le nombre de blessés graves dépasserait les 3 000, rien que dans la wilaya de Jijel », nous confie le responsable d’un journal basé à Alger.

Ces chiffres, qui n’ont pas été confirmés officiellement, alimentent les interrogations sur la volonté des autorités algériennes de minimiser l’ampleur de la catastrophe. Si le bilan de 643 victimes venait à être confirmé, il serait particulièrement lourd et soulèverait de nombreuses questions sur la gestion de cette tragédie.

« Mes confrères journalistes, qui ont l’habitude de s’exprimer sur des chaînes de télévision du Golfe et européennes, auraient reçu l’ordre, de la part des services de la police politique, de se taire et de minimiser au maximum l’ampleur des dégâts », affirme un autre journaliste originaire de Vgayet.

Le président Abdelmadjid Tebboune chercherait-il à dissimuler l’ampleur de cette catastrophe humaine ? La question reste entière. Le pouvoir algérien assume-t-il réellement sa responsabilité alors que, chaque année, des citoyens périssent dans des incendies dévastateurs ?

Dans le même temps, l’Algérie consacre des sommes considérables à l’achat d’armes lourdes, notamment des sous-marins et des avions de combat modernes, tandis que les services de la Protection civile continuent, selon plusieurs témoignages, de disposer de moyens largement insuffisants pour faire face à ce type de catastrophe.

Le lourd bilan des incendies à Jijel et dans d’autres régions du pays serait ainsi le résultat de l’échec des autorités à prévenir et à gérer efficacement ces drames. C’est, semble-t-il, pour cette raison que le gouvernement chercherait à minimiser cette nouvelle catastrophe.

Face à cette situation, les citoyens, en Kabylie comme ailleurs en Algérie, expriment leur exaspération. Le silence du gouvernement et l’absence de transparence sur le nombre réel de victimes ne font qu’aggraver la colère et la défiance de l’opinion publique.

Idir Yatafen

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de confidentialité, ainsi que les Conditions de service Google s’appliquent.