KABYLIE (TAMURT) – Les élections locales, prévues pour le 28 novembre prochain par le régime algérien, s’annoncent particulièrement « chaudes » en Kabylie. Dans chaque commune, les candidats se bousculent pour figurer sur les listes, qu’il s’agisse des partis dits traditionnels ou des listes dites indépendantes.
Le nombre de postulants est impressionnant : tout le monde veut devenir maire ou, à tout le moins, élu local ou membre de l’APW. Fait curieux : la majorité des anciens militants, en particulier ceux du FFS et du RCD, ont pris du recul. Généralement, la plupart des nouveaux candidats n’ont aucun passé dans le militantisme. L’autre particularité des prochains candidats aux municipales à Tizi Ouzou et certainement ailleurs, réside dans leur niveau d’instruction. Il n’est pas rare de voir des profils dont le niveau scolaire ne dépasse pas le collège, voire le primaire.
La notion de compétence est ainsi reléguée au second plan, pour ne pas dire totalement bannie. « Lorsqu’on voit, lors des précédents mandats, des maires qui savent à peine compter jusqu’à dix gérer des mairies de la manière la plus banale, il ne faut pas s’étonner que le nombre d’illettrés soit multiplié au prochain mandat. Le pouvoir algérien encourage la médiocrité et l’incompétence », s’inquiète un élu indépendant à la mairie de Tizi Ouzou, particulièrement alarmé par le niveau d’instruction des futurs élus en Kabylie.
Déchirement au sein des partis
En plus de la médiocrité de la plupart des candidats aux prochaines élections locales à Tizi Ouzou, les guerres intestines au sein des formations politiques prennent de l’ampleur. Au mouvement Assirem, une organisation très proche de Saïd Sadi, les premières fissures viennent d’apparaître. On assiste désormais à des démissions en cascade de militants, et ce, jusqu’aux membres fondateurs du mouvement. Au Front des forces socialistes (FFS), la situation est encore pire. À Tizi Ouzou, pourtant fief historique de ce parti, les militants de la première heure ont déserté les sections locales, laissant le champ libre aux opportunistes.
Aujourd’hui, la fédération de Tizi Ouzou n’existe presque plus. Même son de cloche du côté du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), où le parti peine à retrouver ses repères. « Le RCD est en voie d’extinction. Il faut avouer que nous n’avions obtenu que quatre sièges aux dernières élections législatives, ce qui constitue une véritable débâcle. Les prochaines élections seront une autre épreuve qui confirmera qu’il est devenu un cadavre politique », regrette amèrement un militant du parti.
Idir Yatafen


