KABYLIE (TAMURT) – Le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale algérienne, Brahim Hamdani, à peine entamé sa mission, vient de subir son premier « lynchage » médiatique pour avoir exprimé quelques phrases en langue kabyle lors d’une conférence de presse. Brahim Hamdani, né dans la région parisienne en 1978 de parents kabyles originaires de la localité d’Irdjen, dans la région de Larbaâ Nath Irathen, à Tizi Ouzou, s’exprime parfaitement en langue kabyle.
Lors de sa récente conférence de presse, un journaliste de la chaîne 2 de la Radio nationale lui a demandé s’il pouvait lui poser une question en kabyle. Brahim Hamdani a esquissé un sourire et accepté sans hésitation. Il lui a répondu effectivement en langue kabyle, de manière très spontanée.
Ces quelques phrases prononcées en kabyle par l’ancien pensionnaire de l’Olympique de Marseille et de l’équipe nationale algérienne ont suffi à provoquer une avalanche de critiques et d’insultes sur les réseaux sociaux ainsi que dans certains titres de la presse algérienne.
Certains sont même allés jusqu’à se demander pourquoi la Fédération algérienne de football avait recruté un entraîneur qui ne parlerait pas arabe. D’autres estiment que Brahim Hamdani ne devrait pas s’exprimer en kabyle du fait qu’il est l’entraîneur de l’équipe nationale algérienne.
Des milliers de commentaires insultants auraient ainsi été publiés à l’encontre du nouvel entraîneur, qui vient à peine de prendre les rênes de l’équipe nationale algérienne. Des appels à son limogeage ont également commencé à circuler sur les réseaux sociaux.
« Il ne sera pas limogé immédiatement, mais dans un avenir proche, Hamdani sera remercié. Le fait qu’il s’exprime en kabyle est un sacrilège pour le régime algérien », nous affirme, à ce sujet, un journaliste sportif à Alger. Il convient également de rappeler que le staff technique actuel de l’équipe nationale algérienne comprend Moussa Saïb, en qualité de manager, lui aussi originaire de Kabylie.
Pour rappel, en 2000, l’entraîneur national de l’époque, Nacer Sendjak, avait été remercié par la Fédération algérienne de football. Il avait alors été accusé de faire jouer « trop de Kabyles » au sein de l’équipe nationale.
Idir Yatafen


