GENEVE (TAMURT) – Boualem Boualem, directeur de cabinet de la Présidence algérienne et proche collaborateur du président Abdelmadjid Tebboune, est décédé lundi 05 octobre dans un hôpital de Genève, en Suisse, où il recevait des soins médicaux pour une longue maladie, a annoncé la Présidence dans un communiqué officiel. Proche du chef de l’État et membre de son premier cercle, il aura été pendant plusieurs années l’un des principaux artisans du fonctionnement d’un système accusé par les organisations de défense des droits humains de réprimer les libertés politiques et citoyennes.
Magistrat de formation, ancien sénateur RND puis conseiller juridique de la présidence, Boualem Boualem accède progressivement au cœur du pouvoir avant d’être nommé directeur de cabinet de la présidence en 2024. Cette fonction, parmi les plus stratégiques de l’État, lui confère un rôle central dans le suivi des dossiers sécuritaires, institutionnels et politiques au sommet du régime. Son ascension coïncide avec une période marquée par le recul des libertés publiques en Algérie. Depuis l’essoufflement du mouvement du Hirak, des centaines de militants, journalistes, avocats et opposants ont fait l’objet de poursuites judiciaires ou d’incarcérations dénoncées par des ONG internationales comme Amnesty International et Human Rights Watch. Ces organisations ont régulièrement accusé les autorités algériennes d’utiliser l’arsenal judiciaire et sécuritaire pour réduire au silence les voix dissidentes.
Conseiller juridique de Tebboune en 2020, il était l’un des artisans de l’article controversé 87 bis du code pénal, utilisé par le régime algérien pour incriminer le militantisme pacifique kabyle en faveur de l’indépendance de la Kabylie. Justement, la politique de répression menée par le régime algérien en Kabylie s’est accentuée après le classement du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) comme organisation terroriste, en mai 2021. Cette répression s’est traduite par des arrestations arbitraires de militants politiques kabyles – toutes tendances confondues – et des poursuites pour atteinte à la pseudo unité nationale et restrictions des activités politiques.
Arezki Massi


