KABYLIE (TAMURT) – Le conseiller spécial du chef de l’État algérien, Hamid Lounaouci, 71 ans, vient de rendre l’âme à Alger, selon la presse algérienne. Originaire de Larbaa Nath Irathen, Hamid Lounaouci était un haut responsable du FFS, puis du RCD. Il a été nommé conseiller spécial auprès du président algérien Abdelmadjid Tebboune dès 2019.
« Hamid Lounaouci, à vrai dire, est chargé par la présidence algérienne du suivi des activités politiques en Kabylie », nous confie une source au Parlement algérien. Très discret, Hamid Lounaouci était néanmoins toujours proche d’Abdelmadjid Tebboune. Selon certaines informations, c’est lui qui aurait arrangé le retour de Saïd Sadi en Kabylie, l’été dernier.
Hamid Lounaouci était considéré comme un proche et un fidèle de Tebboune. Même durant les incendies qui ont ravagé la Kabylie, notamment Larbaa Nath Irathen, en 2021, il n’aurait soufflé mot et aurait préféré rester aux côtés du régime algérien.
« Il avait même des proches parmi les victimes de ces incendies, mais il a gardé le silence. Il n’a jamais défendu ni Larbaa Nath Irathen ni la Kabylie, ce qui a rassuré les décideurs, qui l’ont maintenu depuis à la présidence », nous précise un député kabyle de Michelet.
Par ailleurs, le décès de Hamid Lounaouci intervient quelques jours après celui de Boualem Boualem, décédé avant-hier dans un hôpital en Suisse. Ce dernier était le chef de cabinet du président Abdelmadjid Tebboune.
Idir Yatafen



Nous, les Kabyles, ne nous réjouissons pas de la mort d’un être humain. Mais il ne faudrait pas non plus confondre le respect dû aux morts avec l’obligation d’oublier leurs choix politiques.
Hamid Lounaouci, ancien responsable du FFS puis du RCD, devenu conseiller spécial de Tebboune en 2019, illustre à nos yeux cette catégorie de KDS qui ont préféré les salons du pouvoir aux aspirations de leur propre peuple.
Pendant que la Kabylie traversait des épreuves dramatiques, notamment les incendies meurtriers de 2021 qui ont frappé jusqu’à sa région natale de Larbaa Nath Irathen, il est resté au service de la présidence. Son silence dénoncé par ses détracteurs mérite au minimum un bilan politique, pas une amnésie collective.
Alors, non, nous ne dansons pas sur sa tombe. Mais ne nous demandez pas non plus de verser des larmes de crocodile. La mort mérite le respect ; elle n’efface ni les responsabilités politiques ni les renoncements.
Il est mort? Oui. Qu’il repose en paix, peut-etre. Va-t-il nous manquer? Absolument pas.
Et pour ceux qui voudraient transformer chaque décès en certificat de patriotisme, rappelons une évidence: on peut quitter ce monde avec un titre prestigieux sans laisser derrière soi un héritage honorable.
La Kabylie a une mémoire. Et contrairement aux nominations présidentielles, elle ne se distribue pas par décret.
Ils ont mentionné uniquement les défaut mais sinon il a cofondé la ligue algérienne des droits de l’homme et aussi il étais un des principal défenseur de la langue kabyle au sein du gouvernement algérien.
Peut-être. Mais les actes et les positions qui ont suivi ont tout effacé.
Magnifique! Il a cofondé la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme? C’est vrai. Mais petit détail historique: cette même Ligue a été dissoute par la justice algérienne en 2022! Voilà déjà un résultat qui mérite réflexion.
Et pendant qu’on distribue les médailles, rappelons les incendies de Kabylie de 2021, qui ont fait au moins 90 morts, les arrestations de militants, les poursuites pour terrorisme et les atteintes aux libertés dénoncées par Amnesty International et Human Rights Watch.
Quant à son prétendu rôle de grand défenseur de la langue kabyle au sein du gouvernement, excellente occasion de poser quelques questions: quelles lois a-t-il fait adopter? Quelles garanties concrètes a-t-il obtenues pour l’utilisation du kabyle dans les tribunaux, les administrations et les institutions officielles? Citez-nous les résultats, pas les titres!
Et surtout, puisqu’il était conseiller à la présidence chargé des droits de l’homme depuis 2021, quelles interventions publiques a-t-il entreprises face à ces violations?
Cofonder une organisation, c’est une ligne sur un CV. Défendre des droits, ce sont des actes vérifiables. À ce compte-là, il suffirait de cofonder une association de pompiers pour être félicité pendant que la maison brûle!
Respecter un défunt n’oblige pas à transformer son bilan politique en conte de fées.