KABYLIE (TAMURT) – L’été s’annonce particulièrement éprouvant en Kabylie. La canicule persiste, les incendies gagnent en intensité et causent d’importants dégâts aux quatre coins du pays.
À cette situation déjà préoccupante s’ajoute une grave pénurie d’eau. Dans de nombreuses localités, l’eau ne coule plus aux robinets et plusieurs sources naturelles, qui alimentent traditionnellement les villages et les montagnes, commencent à se tarir. Les coupures répétées d’électricité aggravent encore davantage le quotidien des habitants.
Face à cette accumulation de difficultés, les citoyens ont le sentiment d’être abandonnés à leur sort. Les élus communaux disposent de moyens très limités et leur marge d’action reste extrêmement réduite. Quant aux autorités de wilaya, elles brillent par leur absence. Alors que les incendies ravagent plusieurs villages et que les habitants affrontent chaque jour des conditions de vie de plus en plus difficiles, aucune cellule de crise n’a été mise en place pour coordonner les secours et répondre aux urgences.
Selon plusieurs témoignages, de nombreux responsables administratifs et certains élus de wilaya sont actuellement en congé à l’étranger, tandis que les nouveaux députés kabyles, à peine élus, demeurent invisibles sur le terrain et ne donnent aucun signe de présence.
Les conséquences de cette situation touchent désormais tous les aspects de la vie quotidienne. Dans plusieurs villages, des familles ont été contraintes de reporter les célébrations de mariage prévues cet été.
« Je suis venu du Canada pour célébrer mon mariage. Dans les conditions actuelles, il est impossible d’organiser une fête. Nous n’avons ni eau ni électricité. Je suis obligé d’annuler la cérémonie et de la reporter au mois de novembre », témoigne un jeune émigré originaire d’At Aïssi.
L’absence de réaction des autorités renforce, jour après jour, le sentiment d’abandon qui gagne les habitants de toute la Kabylie, confrontés seuls aux conséquences de la canicule, des incendies et des défaillances des services publics.
Idir Yatafen


