BGAYET (TAMURT) – Le département de Bgayet, en Kabylie, traverse de nouvelles heures sombres. Depuis plus de 24 heures, une vague d’incendies d’une violence inouïe ravage la région, laissant derrière elle un paysage d’apocalypse et un bilan environnemental d’ores et déjà catastrophique.
Sur le plan écologique, les dégâts sont d’une ampleur incommensurable. Des centaines d’hectares de couvert végétal, de maquis et de forêts denses ont été littéralement consumés par le feu en l’espace d’une journée. Le cœur de la tragédie se situe aux portes mêmes du chef-lieu de la ville de Bougie : la forêt de Bir Slam (Bir Esslem), véritable joyau de biodiversité et unanimement considérée comme le « poumon vert » de la ville de Béjaïa, n’est plus qu’un vaste champ de ruines carbonisées. Poussées par des vents violents et attisées par une canicule étouffante, les flammes ont englouti cet espace naturel en quelques heures seulement, frôlant dangereusement les habitations et plongeant les riverains dans une détresse absolue. Malgré le déploiement massif des colonnes mobiles de la Protection civile et la mobilisation citoyenne, la rapidité de la progression du sinistre a pris de court les secours.
La thèse de la simultanéité : l’ombre de la suspicion
Au-delà de la tristesse et de la colère légitime des habitants face à la perte de leur patrimoine naturel, un sentiment d’incompréhension domine. C’est le caractère strictement simultané du déclenchement de ces différents foyers à travers le département de Bgayet qui suscite aujourd’hui de profondes interrogations. Comment plusieurs départs de feu majeurs ont-ils pu se déclarer en même temps, dans des zones parfois très éloignées les unes des autres ? Si les conditions climatiques extrêmes, à savoir les températures record et la sécheresse de la végétation, constituent un terrain idéal pour la propagation des flammes, la coïncidence temporelle de ces déclenchements éveille de sérieux soupçons quant à une possible origine criminelle. Beaucoup de citoyens et d’observateurs pointent du doigt l’insuffisance des moyens de prévention et d’intervention rapide (comme le nombre d’avions bombardiers d’eau ou l’aménagement de pistes pare-feu dans des reliefs aussi escarpés que ceux de la Kabylie). Il s’agit d’une négligence coupable de l’Etat algérien.
La Kabylie a été si durement éprouvée par les incendies meurtriers ces dernières années. Chaque nouveau départ de feu ravive une blessure ouverte. La situation actuelle à Bgayet ravive immédiatement le traumatisme immense des étés 2021 et 2023, qui demeurent de véritables tragédies nationales kabyles. En effet, n août 2021, des incendies gigantesques criminelles, perpétrés particulièrement à Tizi Ouzou par le régime algérien, avaient coûté la vie à des dizaines de personnes. En juillet 2023, une autre vague de feux violents avait fait 34 victimes rien que dans la région de Toudja, dans le département de Bgayet.
Arezki Massi



C’est avec ces tuyaux ridicules que les « pompiers » algériens luttent contre les incendies ? C’est sérieux ?