À partir de Berlin, à qui Tebboune s’est-il adressé ?

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Le président Tebboune invité par son homologue allemand
Le président Tebboune invité par son homologue allemand

BERLIN (TAMURT) – En visite officielle en Allemagne depuis trois jours, le chef de l’État algérien a fait une déclaration lourde de sens à l’égard des opposants politiques. « Les opposants sont libres de s’exprimer, à condition de respecter nos traditions », a déclaré Abdelmadjid Tebboune lors d’une conférence de presse à Berlin.

Une telle déclaration marque un changement notable dans le discours du président algérien. Jusqu’à présent, il s’était surtout illustré par des critiques virulentes à l’encontre de ses opposants. Le fait que cette déclaration ait été prononcée à partir de Berlin, au cœur de l’Europe, lui confère une portée particulière.
Le chef de l’État algérien cherche-t-il à rassurer ses partenaires européens, après plusieurs mois d’isolement diplomatique de son régime ? La question se pose également de savoir pourquoi il a choisi l’Allemagne pour adresser ce message et, surtout, à qui il s’adressait réellement.

« J’espère que Tebboune mettra en pratique ce qu’il vient de déclarer à Berlin au sujet des opposants politiques. Le dialogue est préférable pour apaiser la situation et trouver un terrain d’entente », estime Lyazid Abid, président de l’Union pour la République Kabyle (URK) qui vient de réagir par communiqué è la déclaration de Tebboune. Il rappelle toutefois que le régime algérien est traditionnellement fermé au dialogue et privilégie le plus souvent la répression.

« Nous savons que Tebboune, comme ses prédécesseurs, a toujours privilégié la répression à l’égard de l’ensemble des opposants algériens, et tout particulièrement des Kabyles. En Kabylie, qu’il s’agisse des partis agréés ou de l’URK, nous avons toujours privilégié la lutte pacifique et les solutions politiques. En retour, nous n’avons récolté que le mépris et la répression du régime algérien. Cette situation ne peut pas durer éternellement. Le régime algérien doit revoir sa politique à l’égard de la Kabylie », nous a déclaré Lyazid Abid, lui-même exilé politique en Allemagne.

Idir Yatafen

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