Le 5 juillet 1962 : l’indépendance inachevée

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la Kabylie le jour de l'lindépendance
Le jour de l'indépendance en Kabylie

ALGERIE (TAMURT) – Pour beaucoup d’Algériens, le 5 juillet 1962 marque la fin de la colonisation française et l’accession de l’Algérie à l’indépendance. Pour de nombreux Kabyles, cette date évoque pourtant un profond sentiment d’inachevé.

Après sept années d’une guerre de libération à laquelle la Kabylie a payé un très lourd tribut, Krim Belkacem signe les accords qui ouvrent la voie à l’indépendance de l’Algérie. Mais, très vite, les espoirs d’un État pluraliste et démocratique s’effondrent. La prise du pouvoir par le clan d’Oujda, au détriment du Gouvernement provisoire et de certaines composantes de l’ALN, marque, pour beaucoup, la confiscation de cette indépendance.

Dès 1963, des figures comme le colonel Mohand Oulhadj et Hocine Aït Ahmed reprennent les armes contre le nouveau pouvoir. Leur insurrection sera écrasée. La Kabylie, déjà profondément meurtrie par la guerre contre la France, est alors exsangue. Les villages sont endeuillés et la population épuisée.

Soixante-trois ans après le 5 juillet 1962, les revendications identitaires, linguistiques et politiques, de la Kabylie ne sont pas reconnues. Arrestations de militants, restrictions des libertés, marginalisation de la langue et de la culture kabyle : pour eux, ces réalités nourrissent le sentiment que les promesses de l’indépendance restent inachevées.

Ainsi, le 5 juillet n’a pas la même résonance pour tous. Pour les kabyles, cette date ne symbolise pas une liberté pleinement accomplie, mais le début d’un autre combat : celui de la reconnaissance, de la dignité et, pour beaucoup, de l’autodétermination.

Idir Yatafen

1 COMMENTAIRE

  1. Flash info du 6 juillet 2026: la Kabylie est toujours en salle d’attente.
    Le 5 juillet, on nous explique que tout le monde a obtenu sa liberté en 1962. Le 6 juillet, la réalité rappelle que certains attendent toujours la livraison.
    Soixante-trois ans plus tard, le colis est toujours marqué:
    « En cours d’acheminement ».
    La Kabylie a fourni une part considérable de combattants, de villages détruits et de sacrifices pendant la guerre d’indépendance. En retour, elle a connu le coup de force de 1962, la répression de 1963, le Printemps berbère de 1980, le Printemps noir de 2001, des arrestations de militants, des restrictions des libertés et des tensions récurrentes autour de son identité et de sa langue.
    À croire que, pour certains dirigeants, la reconnaissance de la Kabylie est comme un chantier public : inaugurée dans les discours, jamais terminée sur le terrain.
    Le plus drôle, c’est qu’à chaque anniversaire du 5 juillet, les discours officiels parlent de:
    « liberté »,
    « justice » et
    « souveraineté ».
    Puis, dès le lendemain, le 6 juillet, on se réveille avec les mêmes dossiers non résolus, les mêmes revendications et les mêmes promesses recyclées.
    Finalement, la seule chose qui a été réellement indépendante depuis 1962, ce sont les promesses: elles circulent librement depuis soixante-trois ans sans jamais être arrêtées par la réalité.
    Rendez-vous le 5 juillet 2027 pour un nouvel épisode de cette série à succès:
    L’indépendance est arrivée mais pas partout.
    Cette version conserve un ton satirique en commentant des événements historiques et des positions politiques, sans présenter comme des faits établis des affirmations contestées.

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