Le RCD humilié même en Kabylie

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Atmane Mazouz
Atmane Mazouz

KABYLIE (TAMURT) – Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), présidé par l’ancien député Athmane Mazouz, a enregistré son plus mauvais résultat électoral depuis sa création en 1989. Avec seulement deux sièges à Béjaïa et deux autres à Tizi Ouzou, le parti n’a obtenu aucun élu dans le reste de la Kabylie, notamment à Tuviret (Bouira). Une véritable humiliation pour cette formation politique historiquement ancrée en Kabylie.

Pourtant, les militants du RCD se sont fortement mobilisés tout au long de la campagne électorale. Nombre d’entre eux dénoncent une fraude ayant ciblé leur parti, un constat partagé même par des citoyens et des militants n’appartenant pas au RCD. Depuis son accession à la tête du parti, Athmane Mazouz, issu d’une famille modeste, s’est efforcé de se démarquer des différents clans du pouvoir, contrairement à certains de ses prédécesseurs. Il a également eu le courage de maintenir la présence du drapeau amazigh lors des activités officielles du parti, malgré les pressions et les nombreuses critiques.

Sous la direction d’Athmane Maazouz, le RCD demeure le seul parti en Kabylie, et l’un des rares en Algérie, à tenir un discours d’opposition assumé et à rejeter ouvertement la politique du régime en place. Des prises de position qui, selon de nombreux observateurs et militants, pourraient avoir pesé sur les résultats des dernières élections législatives.

Le RCD a d’ailleurs participé à ce scrutin dans un contexte particulier. La nouvelle loi électorale algérienne prévoit des sanctions à l’encontre des partis qui boycottent plus de deux consultations électorales, pouvant aller jusqu’au retrait de leur agrément. Dans ces conditions, le parti estime avoir été pratiquement contraint de prendre part à ces élections.

Quelles que soient les divergences politiques, nombreux sont ceux qui considèrent que le RCD ne mérite pas un tel traitement. Le parti compte encore dans ses rangs des milliers de militants sincères et engagés, qui ont consacré des décennies de leur vie à la défense des libertés démocratiques, de l’identité amazighe et de l’émancipation de la Kabylie.

Idir Yatafen

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