TIZI OUZOU (TAMURT) – Rien qu’au département de Tizi Ouzou, 400 candidats sont en lice pour arracher 11 sièges au Parlement algérien. Les candidats des 22 listes aux législatives de juillet 2026 se sont visiblement entendus sur un sujet sensible en Kabylie : ignorer les détenus politiques et surtout ceux de Larbaâ Nath Irathen.
Même le RCD, qui a osé quelquefois par le passé évoquer les 38 détenus de Larbaâ Nath Irathen, a fini lui aussi par leur tourner le dos. Personne ne parle d’eux, comme s’ils n’existaient pas. Pourtant, le procès en appel des détenus de Larbaâ Nath Irathen est prévu pour le début de l’année prochaine.
Deux détenus de Larbaâ Nath Irathen ont déjà trouvé la mort dans les geôles du régime algérien. Djamel Bensmaïl a été arrêté par les services de sécurité algériens. Des policiers en tenue professionnelle l’ont ramené dans un fourgon cellulaire de la police et l’ont accusé, sans aucune preuve, d’avoir déclenché les feux de forêt en Kabylie, alors que le pauvre Djamel était venu de Médéa comme bénévole. Les services de sécurité algériens l’ont brûlé vif et, ensuite, ils ont accusé les habitants de Larbaâ Nath Irathen de l’avoir tué.
Malheureusement, les détenus arrêtés, dont la majorité est innocente et dont certains n’étaient même pas à Larbaâ Nath Irathen au moment des faits, sont livrés à eux-mêmes. Pourtant, les futurs députés kabyles peuvent au moins intervenir en leur faveur pour exiger une véritable enquête et un procès équitable.
Aucun candidat n’évoque ce sujet. Ni le FFS, ni le RCD, ni aucun candidat des listes indépendantes, comme celle des proches de Saïd Sadi.
Idir Yatafen



400 candidats pour 11 sièges, mais pas un mot sur les détenus de Larbaâ Nath Irathen. C’est un exploit politique inédit: réussir à réunir des partis, des indépendants et des candidats de tous horizons autour d’un seul programme commun: le silence.
Quand un sujet concerne la justice, les détenus politiques ou la recherche de la vérité, tout le monde regarde soudain ailleurs avec une synchronisation digne d’un ballet.
Le plus ironique, c’est que ces candidats semblent mener campagne comme si la population était passionnée par cette élection, alors que la réalité est beaucoup plus simple: toute la Kabylie boude les candidats aux législatives. Et le soir des résultats, par magie statistique, on découvrira probablement une participation historique, certifiée par les chiffres officiels les plus créatifs du continent. Après tout, les électeurs peuvent bouder les urnes, mais les urnes, elles, ne boudent jamais les résultats. Toute la Kabylie boude les candidats aux législatives.