Tebboune privatise les plages

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Plage de Tichy
Plage de Tichy

ALGÉRIE (TAMURT) – Après l’interdiction faite aux randonneurs d’accéder aux espaces forestiers durant la saison estivale, le président Abdelmadjid Tebboune a signé un nouveau décret, récemment publié au Journal officiel, autorisant la concession d’une partie des plages algériennes à des investisseurs privés.

Selon ce texte, jusqu’à 30 % de certaines plages pourront être exploités dans le cadre de projets touristiques privés. Ces espaces deviendront accessibles contre paiement, au profit de ce que le gouvernement algérien qualifie « d’investissements touristiques ». Pour de nombreux citoyens, cette mesure marque une nouvelle restriction de l’accès aux rares espaces de loisirs encore accessibles gratuitement à la population.

Certains critiques y voient également le retour d’un système privilégiant les élites proches du pouvoir, rappelant selon eux certaines pratiques de l’époque de Houari Boumédiène, où les hauts responsables et leurs familles bénéficiaient d’espaces réservés loin de la population ordinaire. Dans un contexte marqué par la crise économique et la baisse du pouvoir d’achat, beaucoup craignent que l’accès aux plages devienne progressivement un luxe inaccessible pour une partie importante des Algériens.

Plusieurs internautes dénoncent également une multiplication des restrictions dans la vie quotidienne : fermeture des frontières terrestres avec le Morocco, difficultés d’obtention de visas pour de nombreux pays étrangers, limitations d’accès à certains espaces naturels, ainsi qu’une dégradation du secteur touristique régional.

La décision concernant les plages a toutefois suscité peu de débats dans les médias algériens, plusieurs observateurs estimant que le sujet a été largement passé sous silence par la presse nationale.

Idir Yatafen

2 Commentaires

  1. Une vraie démonstration de gestion moderne: les forêts deviennent interdites, les plages deviennent payantes, les frontières restent fermées, les visas sont de plus en plus difficiles à obtenir, mais rassurez-vous, la construction de mosquées géantes continue à un rythme industriel, même dans des villages où il y a parfois plus de minarets que d’activités économiques.

    Le raisonnement semble simple: un citoyen qui voyage, qui découvre le monde, qui fait de la randonnée, qui profite librement de l’espace public et qui compare sa situation à celle d’autres pays risque de poser des questions gênantes. En revanche, un citoyen maintenu sous perfusion permanente de discours religieux, abreuvé de sermons et occupé à débattre de sujets théologiques pendant que l’économie stagne, c’est beaucoup plus confortable pour le pouvoir.

    Pendant que les plages deviennent des concessions privées et que les espaces publics se réduisent, les mosquées, elles, poussent comme des champignons après la pluie. Le régime a compris depuis longtemps qu’une bibliothèque n’offre aucune garantie d’obéissance, qu’un centre culturel peut produire des esprits critiques, mais qu’un endoctrinement religieux intensif reste un excellent outil de contrôle social.

    Le plus ironique est qu’on nous parle sans cesse de développement, de modernité et de tourisme. Pourtant, dans les pays qui réussissent, on construit des universités, des centres de recherche, des infrastructures touristiques et des industries créatrices de richesse. Chez nous, on privatise les plages, on ferme les espaces naturels et on inaugure des mosquées toujours plus grandes pour une population toujours plus pauvre.

    À ce rythme, le citoyen algérien idéal sera bientôt celui qui:
    ne voyage pas,
    ne randonne pas,
    ne critique pas,
    ne compare pas,
    ne revendique pas,
    mais qui prie, applaudit et remercie le régime de lui avoir laissé accès à 70 % de la plage qu’il paye déjà avec ses impôts.

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