Enlevé mardi soir : où est passé le journaliste Mourad Ait Mimoun ?

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Mourad Ait Mimiun
Mourad Ait Mimiun

KABYLIE (Tamurt) – Le journaliste kabyle Mourad Ait Mimoun, qui a été enlevé mardi soir par des agents des services de sécurité en civil dans un café de la ville de Tizi Ouzou, n’a toujours pas donné signe de vie.
Selon les premières informations, il aurait d’abord été interrogé au commissariat d’Azazga. Il semblerait que la police politique algérienne lui reproche des publications sur son compte Facebook critiquant les dernières élections législatives, ce qui est, selon ses proches, totalement faux.

Mourad Ait Mimoun, qui travaille aujourd’hui à son propre compte et publie principalement sur les réseaux sociaux, avait même organisé une émission au cours de laquelle il avait donné la parole à plusieurs candidats issus de différentes listes en lice à Tizi Ouzou durant la campagne des élections législatives du 12 juin dernier.

Il avait également exprimé son opinion personnelle sur les réseaux sociaux en appelant les citoyens à voter :
« Je n’ai jamais voté de toute ma vie et je n’ai même pas de carte d’électeur. Mais je pense que le boycott n’est plus une solution. À mon avis, nous devons participer aux élections afin de gagner davantage d’espaces d’expression, au lieu de les laisser uniquement aux élus du régime. »
Un groupe d’avocats s’est constitué à Tizi Ouzou pour assurer la défense du journaliste, mais il n’a pas encore réussi à localiser son lieu de détention.

Originaire de la région des Ath Jennad, dans la wilaya de Tizi Ouzou, Mourad Ait Mimoun a été journaliste à la radio locale de Tizi Ouzou en 2011. Il a ensuite quitté ce poste pour rejoindre Dzair TV, propriété d’Ali Haddad, où il animait l’émission Tizi Wassa. Il s’était distingué par son courage en invitant sur son plateau des militants du MAK ainsi que des chanteurs kabyles engagés, rarement présents sur les chaînes de télévision algériennes, notamment Ali Ideflawen.

Après la chute du groupe d’Ali Haddad, Mourad Ait Mimoun avait déjà été arrêté en 2019 par les services de sécurité, à la suite de la fermeture de la chaîne Dzair TV. Depuis, il exerçait son métier en indépendant.

Idir Yatafen

2 Commentaires

  1. Dans cette affaire, Mourad Aït Mimoun n’appelait même pas au boycott. Au contraire, il expliquait publiquement qu’il fallait participer aux élections pour élargir les espaces d’expression. Malgré cela, il disparaît après avoir été emmené par des agents en civil, et même ses avocats ne savent pas où il est.

    Voilà la définition concrète de la « liberté d’expression » version Alger: vous avez le droit d’avoir une opinion à condition qu’elle soit exactement la même que celle du régime.

    Et puis, soyons sérieux: les mots « indépendante » et « Algérie » ne peuvent décidément pas cohabiter dans la même phrase. Une presse indépendante? Des journalistes enlevés. Une justice indépendante? Des avocats qui cherchent encore où est détenu leur client. Des élections indépendantes? On arrête même ceux qui osent simplement en discuter.

    Un État réellement sûr de lui répond aux critiques par des arguments. Un régime qui fait disparaître un journaliste pour des publications sur les réseaux sociaux répond par la peur.

    Le plus tragique, c’est que cette histoire confirme une fois de plus qu’en Algérie, ce n’est pas seulement le journalisme qui est en danger, c’est le simple droit de penser et de parler librement.

  2. C’est du kidnapping, tout simplement.
    Donc, il finira par être présenté au Procureur de la Répoubellique pour être inculpé de terrorisme. C’est la routine, quoi!
    Mais cela ne changera rien… Personne, même les dieux et même Allah, ne peuvent changer le destin. Et ce qui est écrit est que la Kabylie sera indépendnate, en tant République fédérale. Ce qui est écrit est que ce régime et tous ses soutiens et ses chiens de garde, tomberont et beaucoup de ces « chouaker » paieront chèrement le mal qu’ils sont en train de faire.

    Courage Mourad. Il n’y a que les hommes, les vrais, qui sont capable de donenr la frousse à une dictature, à ce point. Ton arrestation t’honore et t’élève bien au dessus de toute cette barbouserie et cette flicaille du régime aux abois de t’es bonne et son droopy totémique.

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