KABYLIE (TAMURT) – C’est aujourd’hui, 2 juillet 2026, que le régime algérien organise des élections législatives, contre la volonté du peuple kabyle. Le rejet de cette élection est total dans les quatre coins du pays kabylie.
Même si le pouvoir algérien a mobilisé toute sa clientèle, avec une liste pour chaque parti et une multitude de listes dites indépendantes, la population va tourner le dos aux élections, de l’aveu même des candidats.
« Le taux de participation réel ne dépassera pas les 5 %. Au-delà de ce chiffre, sachez bien que c’est de la fraude, comme il est de tradition », fulmine un militant du RCD qui a décidé de boycotter.
À Tizi Ouzou, par exemple, le pouvoir a présenté 400 candidats sur 22 listes, 11 de partis politiques et 11 listes indépendantes, pour 11 sièges. Le rejet l’emportera à coup sûr. « À quoi sert de voter ? » est la question qui revient sur toutes les lèvres en Kabylie, et même ailleurs en Algérie.
« Ce ne sont pas seulement les indépendantistes qui boycottent cette élection, mais toutes les tendances politiques, y compris les authentiques militants du FFS et du RCD. Il n’y a que les candidats et leurs épouses qui vont voter, juste par intérêt personnel », affirme un élu local du FFS à Béjaïa.
Côté indépendantistes, leur position est claire. Le MAK et l’URK ont appelé à boycotter cette élection, tant le rejet des élections est évident en Kabylie.
« La seule liste pour laquelle je peux voter, c’est celle des indépendantistes, pas des indépendants ou d’autres », ironise une étudiante à l’université de Vgayet, qui estime que le résultat de cette élection donnera à réfléchir au pouvoir algérien.
Idir Yatafen



Pauvres candidats. Ils vont peut-être enfin découvrir ce que signifie faire campagne devant des rues plus vides que leurs réunions publiques.
Au rythme où vont les choses, les seuls bulletins déposés spontanément risquent surtout d’être ceux des candidats eux-mêmes, de leurs conjoints, de leurs parents proches… et peut-être d’un voisin qui s’est trompé de porte en cherchant la boulangerie.
Mais rassurez-vous, la magie statistique existe. Si les bureaux de vote semblent déserts, les tableaux Excel, eux, peuvent être étonnamment bien remplis. On pourrait presque assister au miracle d’une participation annoncée digne des meilleurs scores des régimes autoritaires: 99 % de participation, 102 % de satisfaction et probablement 110 % d’enthousiasme civique tant qu’à y être!
Comme d’habiture le pouvoir doit davantage convaincre avec des pourcentages qu’avec des files d’électeurs, ce ne sont plus les citoyens qui votent ce sont les statistiques qui font campagne. Les urnes peuvent rester silencieuses; les communiqués, eux, ne manquent jamais de voix.