Chérif Mellal condamné à quatre ans de prison : la fin d’un long feuilleton judiciaire aux relents politiques

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Cherif Mellal, ancien président de la JSK
Cherif Mellal, ancien président de la JSK

ALGER (TAMURT) – La première chambre pénale de la Cour d’Alger a rendu, ce mercredi 23 septembre, son verdict dans l’affaire visant l’ancien président de la JS Kabylie, Chérif Mellal, en confirmant sa condamnation à quatre années de prison ferme. Détenu depuis janvier 2023, l’ancien dirigeant kabyle devrait retrouver la liberté le 18 janvier 2027, après avoir purgé l’intégralité de sa peine.

Cette décision clôt un interminable parcours judiciaire qui aura duré plus de trois ans et demi, marqué par de multiples reports, des recours successifs et plusieurs demandes de mise en liberté provisoire systématiquement rejetées. Pour les proches de Chérif Mellal, ses avocats et une large partie des supporters de la JS Kabylie, cette affaire dépasse largement le cadre judiciaire et s’inscrit dans une logique de règlement de comptes politique visant l’homme qui a présidé aux destinées du club phare de la Kabylie entre 2018 et 2021.

Dès le début de l’affaire, les défenseurs de l’ancien patron de la JSK ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un dossier entaché d’irrégularités procédurales et reposant sur des accusations que l’intéressé n’a jamais cessé de rejeter. Ils rappellent que Chérif Mellal a toujours clamé son innocence et contesté les poursuites liées aux infractions à la législation des changes et au blanchiment d’argent qui lui sont reprochées.

Pour beaucoup en Kabylie, l’ancien président de la JSK paie avant tout son indépendance de ton et ses prises de position. Son éviction de la tête du club en 2021 avait été perçue par ses soutiens comme l’aboutissement d’une campagne destinée à éloigner une personnalité jugée dérangeante. L’ouverture des procédures judiciaires ayant suivi sa destitution a renforcé chez eux la conviction que l’objectif réel était de l’écarter durablement de la scène sportive et publique. Cette lecture des événements est régulièrement défendue par ses partisans, qui parlent d’un véritable acharnement contre celui qui incarnait alors une gestion autonome de la JS Kabylie.

Durant sa détention, Chérif Mellal aura connu plusieurs épreuves. Privé de liberté depuis son placement sous mandat de dépôt en janvier 2023, il a multiplié les démarches judiciaires pour obtenir un examen rapide de son dossier et a même observé des grèves de la faim afin de dénoncer la longueur de la procédure. Malgré les demandes répétées de ses avocats, aucune mesure de liberté provisoire ne lui a été accordée.

Le parquet général avait pourtant requis une peine beaucoup plus lourde lors de l’audience du 9 septembre dernier, demandant dix ans de prison. La Cour a finalement maintenu la condamnation de quatre ans prononcés auparavant, ce qui signifie que l’ancien président de la JSK n’aura plus que quelques mois à passer derrière les barreaux avant de retrouver sa famille.
À quatre mois de sa libération annoncée, Chérif Mellal sortira de prison avec l’image d’un homme qui, pour ses partisans, aura payé au prix fort son refus de renoncer à son indépendance. Une conviction qui nourrit encore aujourd’hui le sentiment que son procès n’a jamais été uniquement judiciaire, mais aussi profondément politique.

Arezki Massi

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