KABYLIE (TAMURT) – Si, par le passé, les jeunes Kabyles étaient appelés en masse pour le service militaire, la tendance a changé ces dernières années. Autres temps, autres mœurs. De nos jours, les jeunes Kabyles refusent en majorité de répondre aux ordres d’appel de l’armée algérienne, alors que le service militaire est obligatoire en Algérie pour chaque jeune de plus de 19 ans. La plupart des jeunes Kabyles sont en situation d’« insoumis militaires ».
Pourtant, ces dernières années, le terrorisme est presque éradiqué en Algérie, et la durée du service militaire n’est que de 12 mois, contre 18 mois auparavant et deux ans dans les années 1990. Le nombre de jeunes Kabyles actuellement en service militaire se compte sur les doigts d’une seule main.
« J’ai reçu au moins une dizaine d’ordres d’appel pour rejoindre la caserne. Je préfère risquer ma vie en mer, en rejoignant l’Espagne sur une barque, ou vivre toute ma vie comme clandestin, plutôt que de faire mon service national pour une Algérie qui ne reconnaît même pas ma langue », nous confie un étudiant et universitaire de Ait Douala. Son avis est largement partagé par les jeunes Kabyles concernés par le service militaire imposé par les autorités algériennes.
Dans ce contexte, le 14 octobre dernier, le Journal officiel algérien a publié de nouvelles dispositions concernant les insoumis militaires. Ils n’auront plus le droit de travailler, ni pour l’État ni dans le privé, et des droits civiques leur seront retirés, comme le droit de vote.
« Je n’ai rien à cirer de tout ça, de toute façon je ne vote jamais. Mon père a perdu deux ans de sa vie en 1990, pendant la décennie noire, pour rien ! Je ne vais pas faire ce service militaire, quitte à quitter mon pays clandestinement », nous déclare à ce sujet un autre jeune de Tizi Ouzou, avec colère et détermination.
En effet, selon plusieurs sources, ces dernières années, les Kabyles ne font plus leur service militaire malgré les pressions des autorités militaires.
Idir Yatafen


