Élections locales en Kabylie : les candidats triés sur le volet par les services de sécurité !

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Elections locales en Kabylie 11 2021, comme les précédantes
Elections locales en Kabylie 11 2021, comme les précédantes

KABYLIE (TAMURT) – Le régime algérien ne se contente pas de pousser les partis politiques kabyles à participer aux élections locales : il intervient également dans la sélection des candidats. Selon plusieurs sources locales, une grande partie des candidats sont convoqués par la Gendarmerie nationale pour des enquêtes approfondies.

Parmi les questions que les enquêteurs posent aux candidats figure notamment : « Avez-vous des amis ou des proches indépendantistes ? », « Avez-vous un copain ou une copine ? », « Buvez-vous de l’alcool ? », « Êtes-vous musulman ? », « Avez-vous des amis étrangers à l’étranger ? » ou encore « Que pensez-vous de Tebboune ? ».

Ces questions font partie des interrogatoires menés auprès de candidats aux élections locales prévues le 28 novembre prochain.

L’une des questions les plus surprenantes était adressée à un militant du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), candidat dans une commune de Haute-Kabylie : « Que feriez-vous en tant que maire si le Maroc attaquait militairement l’Algérie ? »

Selon un militant du RCD de cette localité, le candidat a répondu : « Au RCD, nous sommes des militants culturels et politiques. Les partis islamistes sont plus expérimentés dans le maniement des armes ! » Une réponse ironique qui illustre, selon des militants locaux, le caractère parfois surprenant des questions posées lors de ces enquêtes.

L’ANIE, dernière étape avant la validation des candidatures

Les enquêtes de la Gendarmerie nationale ne suffisent pas à elles seules à valider les listes et les candidatures. Les candidats doivent également attendre la décision de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).

Selon nos sources, des centaines de candidatures ont été rejetées à Bgayet (Béjaïa), Tizi Ouzou, Tuvirett (Bouira) et Boumerdès. Les personnes concernées sont notamment des candidats ayant exprimé leur opposition au régime.

D’autres informations font état du rejet de candidatures d’enseignants de tamazight, en Kabylie comme dans d’autres régions du pays.

Ces informations soulèvent des interrogations sur les critères appliqués lors de la validation des candidatures et sur la place accordée aux opinions politiques des postulants. Les motifs officiels des éventuels rejets restent toutefois déterminants pour établir si les décisions reposent sur des critères légaux ou sur des considérations politiques.

« Autant laisser les chefs de daïra gérer les communes »

Dans ce contexte, des citoyens s’interrogent sur la portée démocratique d’élections dont les candidats sont, selon les témoignages recueillis, soumis à des enquêtes sécuritaires approfondies avant même de pouvoir briguer un mandat.

« Autant fermer les mairies et laisser les chefs de daïra gérer directement les municipalités. Au moins, les choses seraient plus claires », fulmine une militante de l’Union pour la République kabyle (URK) à Tizi Ouzou.

Ces témoignages alimentent les critiques sur le processus électoral et sur le rôle des services de sécurité dans la vie politique en Kabylie. La publication des motifs officiels des rejets de candidatures permettrait de mieux comprendre les décisions prises et de déterminer si les règles électorales sont appliquées de manière transparente.

Idir Yatafen

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