KABYLIE (TAMURT) – La police politique algérienne a procédé cette semaine à la fermeture de l’une des plus anciennes librairies de Kabylie, à savoir la mythique librairie Cheikhi, sise au centre-ville de Tizi-Ouzou. La raison évoquée par la police pour aller jusqu’à fermer un lieu de savoir comme la librairie Chekhi était la programmation de la vente dédicace du livre » l’Algérie Juive » de Hedia Bensahli.
Un livre carrément interdit de vente en Algérie, car il parle de la communauté juive algérienne. Une communauté avec laquelle le régime algérien assume son racisme. Puisque la vente dédicace de ce livre a été annulée, pourquoi fermer la librairie Chekhi ? L’un des rares lieux de savoir en activité en Kabylie.
Au moment où le régime algérien ferme les librairies et interdit des salons de livres en Kabylie, il construit des mosquées et des zaouïas dans chaque localité.
Pour la librairie Chekhi de Tizi Ouzou, certains affirment que c’est juste une fermeture temporaire et d’autres disent qu’elle est définitive. Une librairie qui est un point de chute pour un bon nombre d’écrivains kabyles et Algériens. Elle a ouvert ses portes en 1947, mais le régime raciste algérien a décidé de la fermer en 2024.
Idir Yatafen



Lire: « L’Algérie juive »
« L’Algérie juiveé :Quel émouvant pèlerinage aux sources de votre « moi » et d’une Algérie plurielle dont vous auriez souhaité un destin plus fraternel, chère Mme Hédia Bensahli. Puisse votre appel à des « recherches sérieuses » (p.340) sur le passé juif de la glorieuse Algérie solaire être entendu. Voici une petite contribution avec cet asefru écrit à la manière de Si Mohand Ou Mhand. Cordialement.
FILIATION JUDEO-BERBERE
UDAY AMAZIGUE
Quand l’enfant juif * et son frère
Le petit berbère
Interrogent : « Qui est Un ? » **
Ils s’inscrivent dans la sphère
D’un bien grand Mystère
Au très mystique parfum
Qui les incite à la prière
La plus familière
Adressée au Dieu commun ***
* Mohamed Elmedlaoui, Les judéo-berbérophones revisités à la lumière du lexique et de la philologie berbères, Etudes et Documents Berbères, 2013/1 N°32 : « l’entrée du terme uday/juif dans le lexique berbère courant devrait être au moins antérieure à l’avènement de l’Islam, c’est-à-dire à l’époque d’évolution où le système phonémique berbère n’avait pas de place pour ce phonème ».
** « Même sur le plan des formes de l’enseignement, il est fortement instructif de signaler l’étroite interférence qui relie, par exemple, une charade de douze questions-réponses dite ma igan yan (« Qui est Un ? ») que récitaient les petits écoliers en berbère à la fin de la journée d’étude coranique, et la charade ‘ ehad mi yodeaε (« Un, qui sait [qui est-ce » ?] de treize questions que récitent les enfants juifs à la fin de l’office de la nuit pascale. »
*** « ..lorsque l’Islam a fait son entrée dans l’aire berbère, les concepts fondamentaux du dogme monothéiste (Dieu unique transcendant en l’occurrence) étaient déjà dans la pensée collective des Berbères, exprimés dans leur(s) langue(s) sous forme de termes empruntés ou calqués sur un fond d’aramaïsmes ou d’hébraïsmes surtout » : « Pour revenir au nom de Dieu, le titre formatif « baba » dans le syntagme berbère « baba-rbbi » (« Dieu ») est un terme dont le sens premier oscille, en fait, (et fait la synthèse) entre les concepts de « père », « seigneur » et « patron » ou « propriétaire » (à l’instar des titres /rab/ et /ab/ en sémitique). »
Il faut juste revoir quelques dogmes établis, tels que « l’avènement de l’islam ». Il n’y a pas eu d’événement islamique en Afrique du Nord. Cette secte est beaucoup plus jeune que ne le laisse penser l’histoire officielle. L’islam était une forme de christianisme unitaire, avec un dieu unique. Les Numides devraient se poser la question suivante : pourquoi le judaïsme est-il resté présent parmi eux, alors que le christianisme a disparu ?
Quant à la langue que vous dites être sémitique, là aussi, il est temps d’ouvrir les livres sur ce terme. Il n’existe aucune langue sémitique. Ce terme est une invention de racistes allemands, comme August Ludwig von Schlözer.
Les mots que vous avez alignés ici sont d’origine punique, nord-africaine. Si ces mots ont laissé une empreinte, ce sont les Levantins qui les ont adoptés.