Élections législatives : des islamistes sur les listes du FFS et du RCD

3
1537
Candidate RCD aux législatives 2026
Candidate RCD aux législatives 2026

KABYLIE (TAMURT) – Les deux partis kabyles, le FFS et le RCD, créés au prix du sang de militants sincères pour la démocratie et le changement, sont devenus le refuge des islamistes de tous acabits.

Le RCD, qui a fait de la laïcité et de la lutte contre l’islamisme son cheval de bataille, exhibe sans aucune honte des candidates portant le voile islamique, sans le moindre scrupule. À défaut de réaliser un changement politique démocratique, c’est l’inverse qui s’est produit au sein du RCD. C’est le parti qui a glissé vers l’islamisme. Cent vingt-six militants du RCD ont été assassinés par des islamistes durant les années 1990. En 2026, le RCD veut faire élire sur ses listes des candidates islamistes issues de la même mouvance radicale que celle qui a assassiné les militants du RCD.

Au FFS, ce ne sont pas les candidates voilées et les barbus salafistes qui manquent sur ses listes. Le bouchon islamiste est poussé encore plus loin. Certaines candidates ont carrément refusé de publier leurs photos sur les affiches de campagne électorale. Ces candidates, si elles sont élues, accepteront-elles de montrer leur visage à la télévision lors des séances parlementaires ? Comment un parti comme le FFS, fondé par des hommes qui n’étaient même pas musulmans, comme Ali Mecili, un chrétien catholique, accepte-t-il de présenter aux élections législatives des candidats salafistes ?

Les militants de base des deux partis sont tombés des nues. La déception est énorme en Kabylie. Le FFS et le RCD, qui renoncent à la laïcité, sont perçus comme des traîtres en Kabylie et même dans les milieux démocratiques algériens. La déception est totale.

Idir Yatafen

3 Commentaires

  1. « J’exhorte le peuple kabyle à boycotter le scrutin législatif du 2 juillet 2026. La région est désormais sous l’emprise des islamistes, avec la complicité du FFS et du RCD, dont les directions ont renié leurs engagements historiques.

  2. On ne peut qu’être frappé par l’ironie de la situation. Pendant des décennies, le FFS et le RCD ont expliqué aux Kabyles que la démocratie, la modernité, la laïcité et la résistance à l’islamisme constituaient leur ADN politique. Des militants ont payé cet engagement au prix fort: intimidation, prison, exil et, dans certains cas, leur vie durant la décennie noire.
    Aujourd’hui, les mêmes partis semblent découvrir que, pour gagner quelques voix, les principes seraient finalement beaucoup plus flexibles qu’ils ne l’affirmaient autrefois.
    Le plus étonnant reste le cas du RCD. Pendant des années, il a dénoncé l’islamisme comme un danger majeur pour la société. En 2026, voir apparaître sur ses listes des candidates arborant des symboles religieux que le parti combattait politiquement hier ressemble à une démonstration spectaculaire de gymnastique idéologique. Les 126 militants assassinés par les islamistes dans les années 1990 doivent probablement apprécier, depuis l’au-delà, cette remarquable capacité d’adaptation politique.
    Quant au FFS, la situation est tout aussi déroutante. Un parti qui se présentait comme progressiste et attaché aux libertés individuelles se retrouve avec des candidats dont certains refusent même d’afficher leur photo pour des raisons religieuses. On est passé du combat pour l’émancipation citoyenne à la gestion électorale des sensibilités salafistes. Voilà une évolution que même les scénaristes les plus imaginatifs n’auraient pas osé écrire.
    Bien sûr, chacun est libre de porter le voile ou d’avoir les convictions religieuses qu’il souhaite. La question n’est pas celle de la foi personnelle. La véritable question est celle de la cohérence politique. Si un parti a bâti son identité sur la laïcité et la séparation du religieux et du politique, il est normal que ses électeurs s’interrogent lorsqu’il semble abandonner ces principes pour des calculs électoraux.
    Le plus tragique dans cette histoire n’est pas que des islamistes rejoignent le FFS ou le RCD. C’est que le FFS et le RCD donnent l’impression d’avoir rejoint, au moins partiellement, les islamistes sur un terrain qu’ils combattaient autrefois avec une détermination sans faille.
    Au fond, la déception exprimée par de nombreux militants n’est pas difficile à comprendre. Lorsqu’un parti abandonne progressivement ce qui faisait sa singularité, ses adversaires n’ont même plus besoin de le combattre. Il lui suffit de continuer à se renier lui-même.
    Finalement, le slogan pourrait être simple: Le FFS et le RCD ont passé quarante ans à lutter contre l’islamisation de la politique. En 2026, ils semblent avoir trouvé une méthode plus rapide: l’organiser eux-mêmes de l’intérieur.
    Comme quoi, en politique algérienne, même les retournements de veste finissent parfois par porter un voile.

  3. Assimilation sous prétexte de la religion.
    On a combattu l’Occident on a l’orient arabe avec sa culture, sa langue et ses habitudes et modèles vestimentaires.
    Quelques femmes kabyles ont abandonné malheureusement la robe et le foulard kabyle qui protègent tout autant la pudeur de la femme ainsi que notre langue millénaire pour plaire à leurs maîtres.
    Une soumission totale voir une trahison pour maintenir le fameux statut du colonisé éternel.
    On dirait on a toujours besoin d’un tuteur, nous sommes incapables de s’émanciper et de s’affranchir de cette dépendance psychologique qui se perpétue depuis des siècles.
    J’ai honte.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de confidentialité, ainsi que les Conditions de service Google s’appliquent.