KABYLIE (TAMURT) – Les deux partis kabyles, le FFS et le RCD, créés au prix du sang de militants sincères pour la démocratie et le changement, sont devenus le refuge des islamistes de tous acabits.
Le RCD, qui a fait de la laïcité et de la lutte contre l’islamisme son cheval de bataille, exhibe sans aucune honte des candidates portant le voile islamique, sans le moindre scrupule. À défaut de réaliser un changement politique démocratique, c’est l’inverse qui s’est produit au sein du RCD. C’est le parti qui a glissé vers l’islamisme. Cent vingt-six militants du RCD ont été assassinés par des islamistes durant les années 1990. En 2026, le RCD veut faire élire sur ses listes des candidates islamistes issues de la même mouvance radicale que celle qui a assassiné les militants du RCD.
Au FFS, ce ne sont pas les candidates voilées et les barbus salafistes qui manquent sur ses listes. Le bouchon islamiste est poussé encore plus loin. Certaines candidates ont carrément refusé de publier leurs photos sur les affiches de campagne électorale. Ces candidates, si elles sont élues, accepteront-elles de montrer leur visage à la télévision lors des séances parlementaires ? Comment un parti comme le FFS, fondé par des hommes qui n’étaient même pas musulmans, comme Ali Mecili, un chrétien catholique, accepte-t-il de présenter aux élections législatives des candidats salafistes ?
Les militants de base des deux partis sont tombés des nues. La déception est énorme en Kabylie. Le FFS et le RCD, qui renoncent à la laïcité, sont perçus comme des traîtres en Kabylie et même dans les milieux démocratiques algériens. La déception est totale.
Idir Yatafen


