BISKRA (TAMURT) – En Algérie, la triche aux examens du baccalauréat peut entraîner de lourdes sanctions judiciaires. À Biskra, deux sœurs ont été placées en détention provisoire après une affaire de fraude présumée lors des épreuves du BAC.
Selon les informations rapportées, une candidate aurait contacté sa sœur par téléphone durant l’épreuve de langue arabe afin d’obtenir de l’aide. Surprise en flagrant délit, elle a été immédiatement interpellée par les services de sécurité, tout comme sa sœur.
Les deux jeunes femmes ont été présentées le jour même devant le procureur de la République, qui a ordonné leur placement sous mandat de dépôt dans l’attente de leur jugement. Elles risqueraient jusqu’à six mois de prison ferme ainsi qu’une importante amende.
L’arrestation des deux sœurs et la médiatisation de cette affaire ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Beaucoup d’internautes jugent la sanction disproportionnée au regard des faits reprochés.
« Il est excessif d’envoyer deux jeunes filles en prison pour une simple tricherie à un examen. Il aurait suffi d’annuler leur épreuve ou de leur interdire de se présenter au baccalauréat pendant plusieurs années », estime un proviseur de lycée à Tizi Ouzou.
Notre interlocuteur souligne également que, dans de nombreux établissements, les surveillants privilégient souvent des sanctions administratives plutôt qu’un recours systématique à la justice. « Généralement, on retire la copie au candidat fautif et on établit un rapport. Je ne me vois pas envoyer un jeune de 18 ans derrière les barreaux pour une fraude à un examen », ajoute-t-il.
La lutte contre la fraude aux examens est devenue une priorité pour les autorités algériennes ces dernières années, avec un arsenal juridique renforcé visant à préserver l’intégrité des épreuves nationales.
Idir Yatafen


