Tebboune veut un Parlement à sa dévotion totale

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Abdelmadjid Tebboune
Abdelmadjid Tebboune

ALGÉRIE (TAMURT) – Les prochains députés algériens seront encore plus alignés sur le pouvoir que les précédentes assemblées. À l’approche des élections législatives, de nombreuses candidatures ont été rejetées dans différents partis politiques, confirmant les critiques sur le contrôle exercé par l’administration sur le processus électoral.

Des candidats du Front de Libération Nationale (FLN), du Rassemblement National Démocratique (RND), du Front des Forces Socialistes (FFS), du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), ainsi que d’autres formations politiques et listes indépendantes, ont vu leurs dossiers invalidés.

Selon plusieurs témoignages, les personnes connues pour leur activité politique, leurs interventions médiatiques ou leurs prises de position publiques étaient particulièrement visées par ces exclusions, y compris parmi les candidats réputés favorables au pouvoir. Cette situation soulève une interrogation : si les précédentes assemblées étaient déjà largement acquises au régime, pourquoi vouloir renforcer davantage le contrôle sur la future représentation parlementaire ?

Plusieurs hypothèses circulent dans les milieux politiques. Certains estiment que le président Abdelmadjid Tebboune chercherait à préparer sa succession dans les meilleures conditions possibles à l’horizon 2029, en s’assurant le soutien d’un Parlement entièrement acquis à son camp. D’autres évoquent la possibilité d’une révision constitutionnelle ou d’une évolution politique nécessitant l’appui d’une majorité parlementaire solide. Certains observateurs rappellent également les événements de 2019, lorsque la crise politique ayant conduit au départ de Abdelaziz Bouteflika avait révélé de profondes divisions au sein des institutions du pays.

Pour ces analystes, le pouvoir actuel cherche avant tout à éviter tout scénario susceptible de fragiliser sa stabilité politique dans les années à venir. Une autre hypothèse avancée concerne la possibilité d’un futur projet politique nécessitant l’aval du Parlement, à l’image de la modification constitutionnelle qui avait permis à Bouteflika de briguer un troisième mandat en 2008.

Quelles que soient les motivations réelles du pouvoir, une idée revient souvent dans les débats : la méfiance demeure omniprésente au sommet de l’État. Dans un système politique marqué par les rivalités internes et les luttes d’influence, le contrôle du Parlement apparaît comme un enjeu majeur pour le pouvoir en place.

À ce titre, les prochaines élections législatives sont perçues comme un rendez-vous important pour l’équilibre des forces autour du président Tebboune et du chef d’état-major Saïd Chengriha.

Idir Yatafen

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