KABYLIE (TAMURT) – Selon certains témoignages, le nombre de policiers et d’officiers favorables à la cause indépendantiste kabyle serait plus important qu’on ne le pense.
Si certains agents sont accusés de faire preuve de zèle dans la répression des militants indépendantistes, d’autres, agissant dans la plus grande discrétion, adopteraient une attitude différente. D’après ces sources, certains membres des forces de l’ordre protégeraient, de manière informelle, des militants liés à des mouvements comme l’URK ou le MAK.
Un officier de police basé à Tizi Ouzou, ayant requis l’anonymat, affirme : « Nous subissons de fortes pressions de la part de notre hiérarchie, avec des objectifs implicites d’interpellations ou d’auditions de militants. Officiellement, nous devons exécuter ces consignes, mais dans la pratique, certains d’entre nous évitent les arrestations. Il arrive même que des militants soient discrètement avertis afin qu’ils prennent leurs précautions. » Selon ce témoignage, certains agents iraient jusqu’à prévenir des militants recherchés, y compris ceux vivant à l’étranger, afin de leur éviter un retour risqué sur le territoire.
Toujours selon cette source, ce type de solidarité existerait dans plusieurs commissariats de la région. « Il y aurait, dans différents services, des agents sensibles à la cause kabyle, qui tentent, à leur manière, de limiter les arrestations », explique-t-il. L’officier évoque également son expérience personnelle dans d’autres régions du pays, notamment à Tébessa, où il dit avoir été confronté à des discriminations. Une situation qui, selon lui, aurait renforcé son engagement.
Ces déclarations restent toutefois difficiles à vérifier de manière indépendante. Elles témoignent néanmoins des tensions et des divisions internes qui peuvent exister au sein des institutions dans un contexte politique sensible.
Idir Yatafen


